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Anne Roberge
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Vendredi le 18 juin, 1999
Bouchard menace pour sauver son gouvernement, Charest danse pour assurer son avenir. Personne ne veut vraiment régler le problème.
Les politiciens, lâches et menteurs, cherchent à faire porter l'odieux du conflit aux infirmières et infirmiers, mais c'est un faux problème.
Le problème, c'est un système corrompu. Et personne ne veut le régler, ça fera trop mal.
Si les syndiqué(e)s se tiennent debout, malgré les menaces et les manoeuvres pour les déséquilibrer, (ça ne sera pas facile) ils pourraient forcer Québec et l'ensemble de la société à trouver une solution.
La solution, ce n'est pas tabasser, emprisonner ou ruiner les syndiqués, c'est de reprendre le contrôle du réseau de la santé saboté par les bureaucrates.
Nous devons mieux payer, et respecter les intervenants de la santé tout en réduisant le budget global.
Que le réseau de la santé assure un service de base de bonne qualité - il en a fait la preuve- et que les usagers paient une prime d'utilisation.
Ainsi, l'ensemble du réseau coûtera moins cher, les intervenants seront mieux payés, et les patients mieux traités.
Tant et aussi longtemps qu'on ne prendra pas cette option, la situation va se dégrader.
Cessons de nous mettre la tête dans le sable et de faire de la petite politique sur le dos des intervenants de la santé.
Ces personnes, par leur nombre, par leur ténacité peuvent forcer notre société à régler les vrais problèmes.
Voyons! Avant-hier, Rochon chassait les infirmières; hier on les réembauchait. Ça ne tient pas debout! Passons la camisole de force aux bureaucrates.
Abandonnons le vieux rêve socialiste de vouloir offrir une Cadillac à tout le monde. Ce n'est pas possible. Personne ne peut payer ça Qu'attendent les politiciens pour l'admettre et faire passer le message?
Il est bien beau et séduisant, Lucien Bouchard, quand il joue à macho man en disant qu'il ne cédera pas, en serrant le poing, en menaçant les infirmières. Mais, dans le fond, c'est le gouvernement qui piétine le monde en faisant traîner les négos depuis un an, et surtout, en refusant de dire la vérité toute simple : «Le rêve est brisé, le réseau tel qu'il est ne peut pas marcher»
Quand les médecins gueulent, quand les infirmières hurlent et pleurent de colère, quand la population, dans les corridors, engueule et menace le personnel, c'est parce que c'est un échec.
Trente ans d'erreur.
La balle est dans votre camp, monsieur Bouchard...
Montrez nous ce que vous avez dans le ventre.
Ce n'est pas d'avoir l'air fou, de reconnaître ses torts...
C'est de ne pas les reconnaître où on a l'air fou...
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