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Anne Roberge
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Mercredi le 24 mai, 2000
Depuis quelques mois, je me demande si je dois vous faire part de mes états d'âme...
De mes réflexions, de mes vraies prises de conscience.
Oui! J'ai envie de partager avec vous mon cheminement face au déclin de maman.

Non pas pour en faire un texte de pleurnicherie.
J'aurais droit, lors de son départ, à des chatouillis nocturnes réguliers.;-)
Mais pour partager avec vous mes questionnements.
Je ne dois quand même pas être la seule à me sentir dépasser par la mort.
D'accord! Elle n'est pas morte.
Mais elle souffre.
Peut-être pas encore la grande souffrance, mais elle n'est pas assez bien pour être chez elle.
Car elle nécessite des soins de tous les instants...
Alors, sa maison, cette fameuse maison, cette première maison, achetée avec mon cher daddy.
Toutes leurs économies.
Du travail, matin jusqu'au soir.
Kapout!
Elle ne peut y rester.
Et tous leurs souvenirs...
Ces souvenirs tellement intimes.
Des albums de photos, de gens que l'on ne connaît pas.
Des chapelets, des crucifix, des cadres, des lettres, des moments qui ne m'appartiennent pas, et avec lesquels je suis gênée.
Je me sens voyeuse, quelque part.
Et tous ces meubles antiques, ces porcelaines, ces argenteries, ces coffres aux trésors (tapisseries, broderies, lingeries), je me sens incapable d'assumer.
Suis-je normale de ne pas savoir que faire de tout leur vécu?
Je suis gênée.
Je vais écrire quelque chose d'épouvantable...
Je ne sais pas quoi faire avec tout le butin de mes parents.
Ils ont travaillé toute leur vie afin de se bâtir un intérieur agréable...
Et moi, je suis là, pauvre innocente, à me demander quoi faire avec mes ancêtres...
Pas facile!
Cessons de ramasser plein de gugussses, donnons aux plus démunis que nous.
Vous vous souvenez du "verre taillé"
On en a en masse...:-))))))
Merci de votre écoute...
Anne
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