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Anne Roberge
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Les miroirs et la boucane


Mercredi le 25 février, 2004

Ô! Ô! Le premier ministre Paul Martin était tout souriant hier, avant de passer au micro, pour annoncer qu'il tapait sur les doigts de Michel Vennat, Marc Lefrançois et André ouellet, respectivement présidents de la Banque de développement du Canada, de Via Rail, et de Postes Canada.

Hé! Le tigre rugit mais n'a pas de dents. Pas dangereux. La vraie question, Monsieur Martin, celle qui cache le crime, celle qui cache les mains sales, c'est: Où sont les 100 millions de dollars disparus? Et comment allons-nous les récupérer?

Étrange, personne ne nous en parle.

Au lieu de répondre à la vraie question, on essaie de nous distraire avec ces trois suspensions.
Voyons! une semaine sans salaire pour Vennat et Lefrançois! Comme c'est méchant!

Quant à l'autre, André Ouellet, on le suspend, mais avec salaire!

Dans le cas de M.Vennat, le verdict du juge, dans le procès de François Beaudoin, suffit pour justifier son congédiement pur et simple.
Bien entendu, magnanime, le conseil d'administration a manifesté sa confiance dans son président Vennat il y a quelques jours.

M. Vennat, qui était président du conseil de la Banque, au moment de l'affaire, avait exercé des pressions sur le président Beaudoin pour qu'il prête de l'argent à l'auberge Grand-mère, située dans la circonscription de Jean Chrétien. M. Beaudoin avait refusé. Le premier ministre Chrétien l'avait même appelé pour le convaincre... mais sans succès.

Résultat, on a congédié M. Beaudoin. Pas satisfait, M. Vennat a lancé une campagne de salissage contre M. Beaudoin, poussant même la GRC à intervenir et à humilier M. Beaudoin.

Quant à M. Lefrançois, un ancien promoteur immobilier de Québec, sa suspension est liée à une série télévisée sur Maurice Richard. Il a consenti une somme de 910 000$ pour financer la série même si les coffres du programme des commandites étaient vides.

Vennat et Lefrançois, les deux hauts fonctionnaires suspendus sans solde ont jusqu'au 1er mars pour s'expliquer et convaincre Paul Martin qu'ils méritent de rester en poste. Hi! Hi! Voyez-vous ça!

Et quelle sera la taille du nanan pour qu'ils partent?! Parce qu'il y aura un nanan. Ça aide.

André Ouellet, quant à lui, est suspendu avec salaire, dans l'attente de rapports internes sur l'affaire des commandites. Les allégations contre la Société des Postes dans cette affaire ne le concernent pas directement pour l'instant.

Rappelons qu'Ottawa a injecté, entre 1997 et la fin mars 2003, environ 250M$. Petit problème, il manque 100 millions de dollars.

Où est cet argent?
À qui a-t-il profité?



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