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Anne Roberge
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Samedi le 27 février, 1999
On a vu hier, encore une fois, comment
les milliardaires du sport professionnel
font chanter les gouvernements.
En refusant de reporter au delà du 6 mars la date butoir pour conclure une entente dans le dossier des Expos, les patrons du Baseball ont dit, dans leur lettre, que c'est la faute au gouvernement du Québec si on ne construit pas de stade.*
Faut le faire!
Ils nous prennent pour de parfaits crétins. Les propriétaires empochent, Brochu empoche, les joueurs empochent et tout ce beau monde voudrait que la population paie le stade. Ça prend une belle gang d'effrontés.
Au rytme où ça va dans le sport professionnel, une fois le stade construit, il sera vide car le bon peuple n'aura pas les moyens d'acheter de billets.
L'idée du chantage n'est pas nouvelle. La tactique fonctionne relativement bien aux États-Unis où, si plusieurs villes ont dit non, d'autres ont craché le morceau. On trouve toujours des caves...
Quand un club paie plus de 100 M$US pour un joueur, c'est que le sport professionnel a perdu la raison. Il ne pourra pas survivre ailleurs que dans de très grands centres urbains. Même à Toronto le stade est sur le derrière. Une perte financière colossale.
Montréal et Québec ont d'autres priorités que de financer et subventionner le sport professionnel.
C'est le sport professionnel qui est pourri. Pas le gouvernement du Québec qui refuse de subventionner des millionnaires. C'est le sport professionnel qui n'arrive pas à contrôler ses coûts.
En tant que société, il est plus important de subventionner le sport amateur où chaque million de dollars fait des miracles.
Le stade dans le centre-ville? L'idée est magnifique même! Que les joueurs et les propriétaires paient sa construction et son exploitation. Ils n'auront qu'à demander 200$ ou 500$ le billet. On verra alors si les amateurs vont se bousculer.
Autre chose. On nous dit que les stades du futurs seront de plus en plus petits. Plus humains. La vraie raison, c'est que plus personne n'aura les moyens d'y aller à moins d'être invité dans une loge...
Quant aux pauvres et à la classe moyenne, ils n'auront qu'à suivre leurs z'amours à la télé... à péage. Oui, oui, les propriétaires songent à faire payer pour les matchs télévisés. Ce n'est pas par hasard si bien des proprios de stades et de clubs sont dans les médias.
* L'allusion au gouvernement du Québec nous montre la petitesse de ces gens là car, on s'en souvient, les propriétaires ont aussi paradé devant Ottawa et ils n'ont pas obtenu une cenne. Tiens donc...
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