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Anne Roberge
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Jeudi le 27 juin, 2002
On s'émeut devant les crimes des motards criminalisés. On leur casse (un p'tit peu la gueule). Bravo! Mais il faut cesser de fermer les yeux sur le grand banditisme, celui qui pille les entreprises, qui vole les actionnaires, qui brise la vie des travailleurs. Celui d'une gang de rats qui saccagent l'économie.
Partout en Amérique du Nord c'est la catastrophe. Semaine après semaine, on apprend que la triche systématique fonctionne à la Bourse. Patrons, administrateurs, comptables et courtiers pigent tous dans le cochon.
Depuis 1998, selon The Economist, plus de 1000 grandes entreprises américaines ont revu et corrigé les chiffres qu'elles avaient pourtant publiés comme véridiques. C'est le vol systématique.
Les cadres supérieurs s'emplissent les poches d'une façon immonde, partout, à coups de millions de dollars. Parfois, c'est plus de cent millions de dollars dans une seule année pour les plus voraces.
Les patrons dénoncent le contrat syndical comme anti productif mais ils se protègent entre-eux avec des contrats en or. Hi! Hi! Ils appellent ça un parachute doré. On démolit la compagnie et on se sauve les poches pleines.
Voyons! Le mal est partout. Les cadres empochent même après avoir saboté leur compagnie. Comment peut-on accepter que le grand patron de BCE quitte avec une pension de plusieurs millions de dollars par année alors qu'il a fait perdre des milliards de dollars?!
Faut être tata pour accepter ça. Tata? Non, ils sont tous dans la même gang. C'est immoral. Obscène.
Comment peut-on accepter que le boss de Nortel se pousse avec une centaine de millions?!
Hé! On condamne à la prison une femme qui n'a pas remis ses livres à la bibliothèque, mais pensez-vous que les grands bandits vont être condamnés? Jamais. Le système est pour eux.
Il suffit de voir l'incapacité de la Commission des valeurs mobilières du Québec qui s'est contenté de taper sur les doigts de Micheline Charest et son mari Ronald Weinberg dans le scandale Cinar.
Il suffit de voir comment la maison de courtage Merrill Lynch s'en est tiré, à New York, avec une amende qu'elle paie en criant binne.
Acheter des actions? Pourquoi? Se faire voler par le boss? Les administrateurs? Les courtiers? Non merci!
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