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Anne Roberge
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Samedi le 29 mai, 2004
J'écoute les nouvelles, et comme vous, je suis triste, face au cas de cette dame qui vit sous ce pont.
Tout comme vous, j'aimerais l'aider.
Et fort probablement, tout comme vous, je me dis:
- J'ai de la place dans mon sous-sol, peut-être pourrais-je l'abriter pour un bout?
Et en y réfléchissant bien, je me réponds:
- Ouais! Dans quelle galère je m'embarque? Elle est qui? Elle va coller ici. Pis finalement, toute sa famille va débarquer un bon matin, pis je vais me ramasser avec une gang de B.S. qui vont m'envahir.
Et pour me déculpabiliser, je rajoute:
- Ben oui! Elle a quatre enfants, ils peuvent quand même la loger.
Il me semble qu'à quatre, ils peuvent alterner, et lui offrir une chambre, chacun leur tour.
Et finalement, je me couche la-dessus, en me sentant bien correcte d'avoir eu ce sentiment de générosité...
Et maintenant, on passe à autre chose.
Et je me relèverai, demain matin, après une bonne nuit, dans un lit douillet, et j'aurai oublié cette femme qui vit comme une sans abri.
Tout ça pour vous dire que je suis à l'image de nos politiciens...
Et que je rougis de honte, mais pas tant que ça, car mon compte de banque n'est pas "loadé", de tout cet argent qui dort, et qui sert, encore une fois, à du chantage de première classe, pour nous endormir et nous acheter, comme une belle gang de Bêêêêêêêêêêê...
Sortirons-nous un jour du troupeau?
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