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Anne Roberge
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Les femmes du téléphone


Mercredi le 09 octobre, 2002

La BBC nous raconte une histoire merveilleuse que veux partager avec vous. C'est l'histoire de quelque 50 000 femmes au Bangladesh, un des pays les plus pauvres au monde, qui se lancent en affaires...

Les Grameen phone ladies (Les Madames téléphone Grameen) comme on les appelle là-bas, exploitent un petit commerce de téléphonie dans les régions rurales. Elles travaillent dans des bicoques en bois où elles vendent un peu de tout, incluant des condoms et des médicaments. Seule différence... elles ont une antenne pour les relier au réseau téléphonique sans fil.

Les villageois viennent chez elles pour téléphoner et ils paient leur temps d'utilisation à la minute. Elles deviennent ainsi les fées d'une toile qui relie tout le pays. Désormais on peut communiquer avec les services de santé, les hôpitaux, les parents, les amis, les relations d'affaires et les fonctionnaires... quand ils répondent.

C'est la Banque Grameen qui est à l'origine du projet. Elle prête aux femmes les fonds nécessaires, à des taux privilégiés, pour ouvrir leur petite centrale de téléphonie cellulaire.

"Ce projet a changé ma vie dit l'une d'entre elles, Jamirun Nesa. On me respecte désormais. Avant, on ne me parlait pas, aujourd'hui, on le fait. Mon mari et ma famille me respectent aussi beaucoup plus."

Une Grameen phone lady peut gagner 1000$US dans une année, comparativement à un revenu annuel moyen de 380$US au Bengladesh. C'est pas mal intéressant.

Mme Nesa a utilisé les profits pour construire sa maison, en glaise avec un toît en métal, et elle a bâti un poulailler.

Pour femmes seulement

Grameen ne prête qu'aux femmes car le risque est moins élevé. Pour se qualifier pour un prêt, le mari doit transférer à sa femme les titres sur tous leurs biens. Comme ça, si l'homme l'abandonne avec les enfants, elles conservera les biens.

"Si vous n'avez pas d'argent, on ne vous aime pas, peu importe si c'est votre frère, votre soeur ou votre mari dit Jamirun. Si vous avez de l'argent, alors on vous respectera. Pas d'argent, pas de respect. C'est comme ça!"

Hosne Ara, (sur la photo), raconte la même chose. "Mon statut social est plus élevé. J'ai un téléviseur en couleur, un frigo et je peux envoyer mes enfants à l'école, ce qui était impossible auparavant. J'ai aussi de l'argent pour payer le médecin."

Le modèle Grameen est une réussite pour apporter la technologie chez les démunis. Reste à voir comment les Grameen phone ladies, vont apprendre à lutter avec la compétition dans le futur, quand les grandes compagnies de téléphone vont se rapprocher.

Elles devront s'adapter et trouver de nouveaux produits et services. Par contre, elles auront acquis une expérience précieuse dans la gestion d'entreprise.

Cinquante mille femmes qui sortent de la pauvreté, c'est intéressant. Bravo!


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