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| L’immensité des plages |
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Vendredi le 17 juillet, 2009 |
L'Immense abandon des plages
Mylène Durand
Éditions de la Pleine Lune
collection Plume
2009
Deux sœurs, un frère, un père, une mère morte. Voilà les personnages de ce petit bijou que j’ai lu cet été. C’est un premier roman magnifique que signe Mylène Durand.
L’histoire se déroule en partie aux îles de la Madeleine. Il n’est pas question des îles touristiques telles que nous les connaissons, mais bien de celle des insulaires. Les îles sont emprisonnées par le vent qui rend fou, un vent qu’on ressent derrière les lignes et qui tournoie sans cesse. L’écriture est extrême, précise, juste et poétique. Elle est aussi fluide et aérienne. Il y est question de la mort de la mère : s’est-elle suicidée en se jetant du haut de la falaise ou est-elle tombée ? Une des sœurs affirme avoir vu sa mère se jeter volontairement dans les eaux tumultueuses, mais tous préfèrent croire qu’il s’agit d’un accident et que ce sont les îles les coupables.
La forme choisie par l’auteure est l’épistolaire : les deux sœurs s’écrivent. L’une – celle qui porte en elle la certitude du suicide de la mère – est partie étudier à Montréal (s’est-elle enfuie ?). L’autre est toujours aux îles à braver le vent et la mer. Elle habite la maison familiale avec un frère silencieux et un père absent à la vie. Le ton est celui de la nostalgie.
Il y a dans ce livre une tension extrême. Mais, bien qu’il soit effectivement question de mort, de perte et de fureur, ce roman n’est pas du tout celui de l’angoisse. Au contraire ! La jeunesse des sœurs, leur impétuosité, leur désir d’occuper l’espace et la volonté qu’elles ont de retrouver le chemin de la vie, et ce, malgré la mort qui plane, voire à travers celle-ci, est réjouissant d'une certaine façon. Les soeurs sont aussi puissantes que l’est le vent.
L’Immensité des plages n’est pas un roman sur la douleur ou sur l’angoisse, quoi qu'on en dise. Ce n’est pas une plaie ouverte, c’est un baume sur la douleur. Les deux sœurs (fusionnées comme le seraient des jumelles siamoises) ne laissent pas la mort les anéantir. Elles sont belles, rebelles et fortes, et elles vont à la fois au fond et au-delà de leur souffrance.
La mère est morte. Le père aussi en quelque sorte puisqu’il se retire de toute vie émotive. Le frère n’est pas beaucoup plus fort… mais voilà, les deux jeunes sœurs, elles, sont dans le vivant : elles sont entières, elles sont vibrantes. Voici un livre touchant écrit dans une langue poétique qui permet la violence du vent. Voilà décidément une jeune auteure à suivre.
Appréciation : 4
1=pas du tout 2=un peu 3=assez 4=beaucoup 5=passionnément
Lucie Ledoux
Critique littéraire
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Critique littéraire Lucie Ledoux
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