RÉSEAU PLANÈTE QUÉBEC : Planète Québec - Ma Planète - Planète Généalogie - Planète Cuisine


Imprimez ce
texte
Envoyez ce texte
a un ami
Ecrivez-moi
Archives
Les murs
 

Lundi le 04 janvier, 2010




« Les murs »
Olivia Tapiero
VLB, 2009

Comment parler du dernier livre que je viens de lire? Comment parler d’un livre qu’on n’a pas aimé (pour les mauvaises raisons, certainement) tout en disant aux lecteurs de le lire pour qu’ils se fassent leur propre opinion? Comment écrire cette chronique qui dit : lisez-le, faites-vous une idée. Moi, je n’ai pas aimé, mais ne m’écoutez pas… Étrange entrée en matière : le critique qui disqualifie son propre discours!

Il est question du prix Robert-Cliche 2009 qui a été attribué à une jeune auteure du nom d’Olivia Tapiero pour son livre intitulé « Les murs ».

L’histoire est celle d’une jeune femme qui désire se suicider. Elle s’automutile et est anorexique – même si elle réfute ce dernier diagnostic. Le récit débute alors qu’elle se réveille dans son lit d’hôpital après sa dernière tentative de suicide, et il se termine lorsqu’elle en sort aux bras de sa mère et de son père. Tous croient qu’elle est guérie. Elle raconte le monde qui gravite autour d’elle : les médecins, les patients, ses parents et amis ; elle fait état son monde intérieur qui n’est pas, on le devine aisément, particulièrement joyeux. Elle dit qu’elle refuse de guérir, et elle finit par tous les berner en leur montrant qu’elle est suffisamment forte pour sortir du milieu hospitalier. Elle retournera donc avec ses parents, heureux et rassurés, dans sa vie de tous les jours.

Mais comment est-ce possible, se dit-on ? Comment est-ce possible que tous ceux qui l’entourent croient cette improbable guérison ? Car, visiblement, elle a besoin de beaucoup plus qu’un simple passage par l’hôpital. Mais, assure la narratrice, elle parvient à berner sa famille, ses amis et même les médecins spécialistes… Hmmmmm ! Je vois poindre un fantasme de toute puissante à l’horizon… La guérison, évidemment, n’aura pas lieu. Bref, elle n’a qu’un seul et même désir, la jeune narratrice de ce récit qu’on devine fortement autobiographique, toujours le même : s’automutiler, se détruire, se faire disparaître.

J’ai choisi de lire ce livre parce qu’il a reçu un prix littéraire – donc une reconnaissance – et parce que le sujet tel qu’il est inscrit sur la quatrième de couverture m’intéresse. Il s’agit, est-il annoncé, de l’histoire d’une jeune femme qui pense au suicide. Or, si la problématique du suicide m’intéresse, celle qui a trait à l’anorexie me laisse froide. Désolée, je manque d’empathie. De la même manière que je ne lirai jamais le récit d’un alcoolique ou d’un junkie, celui d’une anorexique ne m’attire pas. « Les murs », donc, m’a m’agacée. Pas elle, l’auteure, qui a une écriture juste, un ton égal et précis, mais l’histoire, celle d’un personnage toujours en train de se plaindre, en train d’accuser les autres de tous ses maux. L’écriture, aussi efficace soit-elle, ne m’a pas empêchée d’être exaspérée par le sujet.

De fait, aussitôt le récit « Les murs » terminé j’ai commencé à lire le dernier Nelly Arcan, « Paradis Clef en main », qui traite aussi du mal de vivre et du suicide. Cependant, dans le dernier Arcan, il y a véritablement l’éminence de l’extrême et cet extrême se répercute dans une écriture trouble. Entrer dans l’univers d’Arcan c’est entrer dans une écriture de l’inconscient, dans une toile d’araignée faite de mots et de cris, de folie et d’extrême lucidité. Dès son premier roman, il y avait cette qualité littéraire. Dès le premier récit, elle parvenait à produire un dire et un faire simultanée, si bien que le lecteur était happé, emprisonné par l’écriture et par le sujet. Olivia Tapiero écrit bien, certes. Une écriture efficace malheureusement mise au service d’une longue et ennuyante plainte. Je crois que je devrai laisser passer un peu de temps pour que l’auteure prenne de la maturité avant d’y retourner. J’y retournerai assurément, et je trouverai alors certainement une auteure talentueuse qui aura peut-être réussi à mieux nommer ses démons intérieurs.


Appréciation : 2
1=pas du tout 2=un peu 3=assez 4=beaucoup 5=passionnément

Lucie Ledoux
Critique littéraire

 
Imprimez ce
texte
Envoyez ce texte
a un ami
Ecrivez-moi
Archives
 
Recherche dans
Critique littéraire
Lucie Ledoux
Visitez les Articles du site Berclo. Rubriques : A | B | C | D | E | F | G | H | I | J | K | L | M | N | O | P | Q | R | S | T | U | V | W | X | Y | Z
 

recettes
Recette :
Vin :
 
 
 
 
Toutes nos chroniques

Retour à Planète Québec

C O U R R I E R - É L E C T R O N I Q U E
[ Rédacteur en chef | Chef de pupitre ]


Politique de confidentialité

Copyright © 2006 - Planète Québec inc. Tous droits réservés.

Répertoire de bon liens