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Entretien avec Michelle Dion
Les Bédard les folles
 

Dimanche le 11 avril, 2010

En quelques mots, comment présenteriez-vous votre livre?


Les Bédard les folles est un récit de faits vécus parfois loufoques, souvent anodins mais toujours véridiques. C’est en quelque sorte un mini-portrait de la société d’avant la Révolution tranquille dans laquelle j’ai grandi. J’y dépeins l’environnement culturel, économique, social et religieux durant les années 1940-1950, à Sherbrooke, ma ville natale où je suis d’ailleurs toujours demeurée. Je présume que la vie était assez semblable dans d’autres villes du même genre.



À qui s’adresse votre livre?


Il s’adresse à tous ceux qui, comme moi, aiment se souvenir. Mes contemporains y retrouveront sans doute des bribes de leur jeunesse et les plus jeunes qui sont curieux de savoir comment ça se passait dans le temps, auront quelques réponses à leurs interrogations.



Les Bédard les folles est un titre plutôt inusité?


C’est le nom qu’on donnait à l’élément féminin de notre famille nombreuse. J’en donne l’explication dans le livre.



Pourquoi « roman » écrit sur la couverture alors qu’il s’agit de faits vécus?


C’est une suggestion de l’éditeur à laquelle j’ai vite acquiescé. Larousse définit le mot roman : « œuvre littéraire, récit en prose dont l’intérêt est dans la narration d’aventures, l’étude des mœurs ou de caractères, l’analyse de sentiments ou de passions, la représentation objective ou subjective du réel ». Mon livre, c’est exactement ça!

Les Bédard les folles pourrait tout aussi bien être un « témoignage » ou un « récit ». J’ai choisi « roman » parce qu’ainsi mon rêve de jeunesse se réalise un peu!



Qu’est-ce qui vous a donné le goût d’écrire ce livre?


J’y pensais depuis fort longtemps, mais je n’avais jamais osé passer à l’acte d’écrire. C’est Claude Jasmin, le célèbre romancier avec qui j’ai entrepris une correspondance en 2002, qui m’a donné la petite poussée qui me manquait pour mettre mon projet en marche et le réaliser.



Quels sont les écrivains et les œuvres qui ont le plus influencé votre travail?


Victor-Lévy Beaulieu a dit : « tout livre que tu lis vraiment change quelque chose en toi ». Je suis d’accord avec lui. Étant boulimique de lecture, mes goûts sont assez éclectiques, aussi je dirais qu’il y a une foule d’auteurs, au fil des ans, qui m’ont accrochée. Mais Claude Jasmin et Michel Tremblay sont sans contredit les écrivains qui m’ont le plus inspirée. Même si leurs romans se déroulaient à Montréal, j’y retrouvais beaucoup de similitude avec ce que j’avais vécu dans ma ville. Comme je ne pense pas que le Sherbrooke des années 1940-1950 ait été décrit dans un roman, j’ai décidé de m’y mettre. Mais il va sans dire que les faits que j’y raconte ne décrivent que ce que j’ai moi-même connu et qu’il y aurait sûrement matière à plusieurs romans si quelqu’un d’autre avait le goût d’écrire ses propres souvenirs.



Avez-vous des rituels d’écriture?


Pas vraiment. Étant d’un naturel un peu paresseux, je n’écris que lorsque j’en ai vraiment le goût, ce qui se produit surtout en fin de soirée. Cela explique le fait que j’aie mis près de 8 ans à écrire Les Bédard les folles. Il m’arrive donc de poursuivre tard dans la nuit, surtout à l’étape de révision et de correction. Réécrire, mettre en scène pour donner vie à un texte, supprimer les imperfections trop visibles, les phrases inachevées, les redites… voilà ce que j’aime le plus. Faire voir les gestes, faire entendre les voix pour conserver un texte naturel, là est le vrai défi.



Quelle est la première personne à qui vous faites lire vos écrits?


J’ai la chance d’avoir un voisin (et ami), professeur à la retraite et grand lecteur. C’est à lui que j’ai osé demander de lire mon manuscrit. Il a consacré plusieurs heures à la lecture et à la prise de notes et il a ensuite fait une critique plus que pertinente de mon récit. J’ai tenu compte de ses recommandations car j’ai grande confiance en son jugement de lecteur averti. Je dirais qu’un bon lecteur de la première heure est indispensable à la réalisation d’un projet d’écriture, surtout lorsqu’on débute en littérature.



En terminant, qu’est-ce que vous souhaitez en publiant ce livre?


Je souhaite vivement divertir les lecteurs et peut-être faire partager quelques émotions. Je n’ai pas la prétention d’être « écrivain », mot que j’applique uniquement aux auteurs chevronnés et à ceux qui ont écrit des chefs-d’œuvre. Je voudrais que les gens trouvent autant de plaisir à me lire que j’en ai avec mes auteurs préférés, mais je suis consciente qu’on ne peut plaire à tout le monde!

Si une seule personne arrive à oublier ses problèmes pendant quelques instants en lisant Les Bédard les folles, mon but aura été atteint!







Les Bédard les folles


LES ÉDITIONS MARCEL BROQUET










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