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| Jo Nesbø : Le bonhomme de neige - Critique de Gilles Charland |
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Lundi le 19 juillet, 2010 |
J'avais déjà vu (ou entendu?) le nom de l'auteur Jo Nesbø. Mais je ne savais pas quel était le genre littéraire de ses romans. Évidemment, je n'en avait jamais lu lorsque je me suis procuré Le bonhomme de neige.
Et j'ai été déçu... Déçu car cet excellent thriller policier est une suite d'autres où reviennent certains personnages et j'ai regretté de ne pas avoir débuté par le premier; j'ai appris, dans celui-ci, quelques éléments qui gâcheraient un peu mon plaisir si je décidais de lire les précédents. Pour les personnes intéressées (et moins stupides que moi) qui voudraient débuter par le premier, voici une bibliographie de l'auteur:
L'Homme chauve-souris (1997), Gaïa Polar 2002
Les Cafards (1998), Gaïa Polar 2003
Rouge-Gorge (2000), Gaïa Polar 2004
Rue Sans-Souci (2002), Gaïa Polar 2005
L'Étoile du diable (2003), Gallimard Série Noire 2006
Le Sauveur (2005), Gallimard Série Noire 2007
Le Bonhomme de neige (2007), Gallimard Série Noire 2008
Chasseurs de têtes (2008), Gallimard Série Noire 2009
Donc, je vous parle aujourd'hui d'un excellent policier où il y a des bonhommes de neige. Si vous aimez Michael Connelly, vous allez aimer Jo Nesbø. D'ailleurs leur personnage principal respectif se prénomme Harry (Bosch pour Connelly et Hole pour Nesbø) et les deux se ressemblent. Quelqu'un pêut me dire qui a décidé que les inspecteurs de police modernes doivent être "puckés", doivent être solitaires, doivent être détestés de presque tout le monde, doivent avoir des problèmes d'alcool et, surtout, doivent avoir des relations difficiles avec leurs employeurs et avec les femmes? On dirait un archétype!
Dans Le bonhomme de neige, Harry Hole doit enquêter sur un meurtre relié à un bonhomme de neige.. Il y en a un autre (meurtre et bonhomme de neige), l'enquête établit un lien avec d'autres antérieurs et il en arrive encore d'autres. Sommes-nous en face d'un tueur en série (il n'y en a jamais eu en Norvège, là ou les événements se déroulent)?
Vous vous doutez bien que l'enquête est difficile, parsemée d'embûches et de cadavres, avec des mystères, des questions laissées en suspens, des surprises, des retournements de situation, des fausses pistes et de fausses suppositions. Cette lecture nous fait passer par une large gamme d'émotions.
L'écriture est simple et vivante, même si les noms propres norvégiens sont un défi à notre mémoire. Les endroits sont biens décrits, avec peu de mots, et l'ambiance du livre est très différente de ceux de Connelly (et d'auteurs similaires) où les événements se passent aus États-Unis. Avec Nesbø, on admire les paysages de Norvège autant que l'on ressent le froid.
Dès le début surgissent des questions qui ne trouvent leurs réponses qu'à la fin : Pourquoi les victimes sont-elles toutes des femmes mariées et mères d'au moins un enfant? Pourquoi les bonhommes de neige? Que va-til arriver au pauvre Jonas? Qui est la mystérieuse Katrine Bratt et peut-on lui faire confiance (ici une surprise vous attend)?
Le livre (en format poche) a 584 pages : ce n'est qu'à la page 501 que nous savons avec certitude qui est le bonhomme de neige et ce n'est qu'à la dernière page que nous apprenons si Harry et Rakel vont revenir ensemble...
Finalement, quelques événements réels sont parsemés ici et là dans le livre et contribuent grandement à en enrichir la lecture.
En voici quelques exemples :
- À la radio, des politiciens norvégiens et des sociologues s'exprimaient sur les élections présidentielles aux États-Unis. Harry reconnut la voix d'Arve Støp [...] « À votre avis, Arve Støp, sur quoi repose le scepticisme norvégien concernant George Bush ? - Sur le fait que nous sommes un pays surprotégé qui n'a réelement jamais participé à aucune guerre, mais qui a été trop heureux de laisser les autres la faire à notre place. L'Angleterre, l'Union soviétique et les États-Unis, oui, depuis les guerres napoléoniennes, nous nous sommes réfugiés derrière le dos des grands frères. La Norvège a fondé sa sécurité sur la prise de responsabilité par d'autres au moment critique ».
- Lorsque William Jefferson Blythe III vint au monde le 19 août 1946 dans la petite ville de Hope, dans l'Arkansas, il s'était écoulé exactement trois mois depuis la mort de son père dans un accident de voiture. Quatre ans plus tard, la mère de William se remaria, et William prit le nom de famille de son nouveau père. Et en cette nuit de novembre, quarante-six ans plus tard, en 1992, les confettis blancs tombaient comme de la neige depuis le ciel et dans les rues de Hope pour célébrer l'élection de l'enfant du pays - William - ou plus simplement Bill - Clinton, au poste de quarante-deuxième président des États-Unis d'Amérique.
- Harry avait lu que le mot deadline venait des champs de bataille de la guerre civile américaine, quand on rassemblait les prisonniers de guerre avant de tracer un cercle autour d'eux, sur le sol, parce qu'on manquait de moyens physiques pour les enfermer. Tous ceux qui dépassaient cette ligne étaient abattus dans la seconde.
- Ils étaient pendus aux épaules les uns des autres, criaient et se soufflaient leur haleine chargée d'alcool au visage les uns des autres, et chantaient avec Stevie Wonder qui prétendait appeler simplement pour dire qu'il t'aimait. En bref, à les voir et à les entendre, on aurait pu croire à une équipe de foolball qui avait gagné la finale de la coupe. Et tandis que Stevie Wonder terminait en assurant que sa déclaration d'amour venait du fond de son coeur, le troisième verre de Harry fut placé devant lui sur le bar.
- C'est aussi ce que je croyais. Mais Gunnar Hagen m'a raconté que les Japonais n'utilisaient jamais ce mot [kamikase], eux, que c'était une chose que les craqueurs de codes américains avaient mal interprétée. Kamikase, c'est le nom d'un typhon qui a sauvé les Japonais lors d'ne bataille contre les Mongols au cours du XIIIe siècle. En traduction littérale, ça donne "vent divin".
BLOGUE DE GILLES CHARTRAND
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