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| Préface du livre Le Grand départ d'Estelle |
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Vendredi le 02 avril, 2010 |
En rédigeant ce roman qui se passe tantôt au Québec, tantôt en Afrique, il m’a été impossible de ne pas en profiter pour poser un regard sur la problématique de ces fillettes africaines, dont on mutile le corps en les excisant avant l’apparition de leurs premières menstruations.
En tant que femme occidentale, je leur dédie ce livre en espérant qu’un jour, les décideurs de la planète mettent fin à ces atroces rituels.
Loin d’être spécialiste en la matière, je me suis toujours intéressée au sort de ces petites filles et de ces femmes de multiples ethnies, en me documentant par différentes lectures sur le sujet.
Voici les quelques brides que j’en ai retenues.
L’excision… un rite bien ancré et qui fait partie des mœurs de certains pays depuis des millénaires et particulièrement dans le continent africain. Ce rite atroce, je devrais dire cette boucherie, a été inventé par les hommes et vise à sauvegarder la virginité des jeunes filles jusqu’au jour de leur mariage. Les relations sexuelles sont si souffrantes et difficiles que les femmes restent fidèles. Selon l’ethnie, différentes croyances millénaires diffèrent en mettant en relief, la nécessité de ce rituel.
Le clitoris, cet organe féminin, est perçu comme une épée pouvant blesser l’organe mâle et infecter le bébé au moment de sa naissance. Ailleurs, on compare aussi cet organe génital, comme un pénis issu d’une imperfection. En enlevant le clitoris, la fillette devient plus « femme ».
Il existe plusieurs genres d’excision selon les mœurs des pays qui la pratiquent.
La plus simple se résume à l’ablation du capuchon du clitoris.
Une autre excision plus sévère consiste à l’ablation totale du clitoris qui supprime toute possibilité de jouissance féminine, « incontrôlable ».
Une troisième, sorte d’excision communément appelée l’infibulation ou mutilation pharaonique est de loin la plus draconienne et consiste à enlever le clitoris et les petites lèvres. De plus, des incisions sont pratiquées sur les grandes lèvres pour créer des aspérités. On les coud ensuite ensemble jusqu’à la prise des sutures et la guérison des aspérités qui forment une peau qui recouvre l’urètre et l’entrée du vagin, en ne laissant qu’un très petit orifice. S’en suit, il va sans dire, une multitude d’infections dues à la rétention des urines et du sang des menstruations. Ce procédé touche environ 15 % des femmes, mais il atteint 95 % des femmes dans certains pays, dont la Somalie.
Comment expliquer que cette pratique se poursuit de nos jours?
Dès leur excision, les jeunes filles sont promues et acceptées au clan des adultes, elles peuvent ainsi se marier et tous les honneurs retombent sur leur famille. Les hommes refusent catégoriquement d’épouser une femme non excisée. Une famille qui ne se soumettrait pas à faire exciser leurs fillettes se verrait menacer d’expulsion de leur communauté ou de leur village. Ce qui explique que la majorité des femmes de certains pays sont excisées. La veille au soir de leur mariage, parfois le soir même, il incombe au nouveau marié d’enlever les points de suture… une grande joie de posséder une femme vierge. Il va sans dire que les douleurs ressenties lors de leurs rapports intimes viennent s’ajouter à leur souffrance quotidienne et à leur traumatisme vécu lors de l’excision.
Ces femmes sont marquées à tout jamais. À la suite d’une hémorragie incontrôlable, plusieurs y laissent leur peau dans les heures qui suivent l’excision. Au fil des mois, d’autres fillettes trop infectées par les résidus d’urine et de sang des menstruations décèdent. À cela, on constate de nombreux décès causés par de multiples complications, lors d’un accouchement.
Si quelques pays d’Afrique s’élèvent contre cette pratique, le Mali est par contre reconnu pour recevoir et exciser les fillettes desdits pays.
Les pressions sociales étant ce qu’elles sont, ni les jeunes filles, ni les femmes ne remettent en question l’excision que l’on considère comme un sujet tabou.
Au fil de trois dernières générations, l’Unicef a constamment tenté d’enrayer cette coutume dans ces régions. Un immense travail de rééducation des femmes est à faire et cela cause de multiples remous et questionnements de part et d’autre.
Beaucoup pensent à tort que l’Islam prescrit l’excision. Les femmes non excisées sont considérées comme impures et incapables de maîtriser leurs pulsions sexuelles.
En Europe, la France est le seul pays où l’excision a déjà donné lieu à plus de 20 procès. En raison du nombre élevé d’immigrantes africaines, l’excision en France, depuis plus de 20 ans, est toujours un sujet d’actualité. Plus encore, le gouvernement en est même venu à payer les coûts reliés à la
« réparation » des excisions, qui s’effectue par des spécialistes hautement qualifiées. Des psychologues rencontrent les femmes dans les mois qui précèdent la chirurgie. Il va sans dire que les souffrances importantes que leur occasionne cette délicate chirurgie leur font revivre les images de leur excision. On estime qu’au moins 30,000 femmes et jeunes filles excisées vivent en France.
L’immigration des excisées a aussi touché l’Amérique et n’en a pas épargné le Canada, où l’on ne parle que très rarement du sujet.
Ce problème lointain est devenu avec l’immigration, une réalité en Europe. Aujourd’hui à Paris, Rome, Stockholm, Amsterdam, Berlin, Manchester, ou Londres, l’excision est pratiquée illégalement, non seulement dans des chambres clandestines et miteuses, mais dans les cabinets privés. Au Canada, les gynécologues subissent de plus d’énormes pressions par diverses ethnies, afin de procéder à cette chirurgie illégale. Le nombre de femmes excisées, de par le monde, s’élève à plus de 130 millions. De plus, toutes les dix secondes, une fillette est excisée.
Devant l’ampleur de ce rituel barbare qui ne vise qu’à diminuer la femme dans son intégrité, il est temps que l’ensemble des femmes, excisées ou non, se lève afin de le dénoncer haut et fort.
S’il vous arrive d’être sollicité pour une pétition dénonçant ces rites, c’est votre devoir en tant que citoyen d’y apposer votre nom.
Ce petit geste pourra, sans aucun doute, contribuer à épargner des millions de fillettes qui subissent, lamentablement, l’ablation de leurs organes génitaux chaque jour.
Ensemble, on fera la différence.
Les passions de Florence - tome 2 : Le grand départ d'Estelle
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