Jeudi le 26 mai, 2005 |
Un duo d’inspecteurs, un tueur en série, des victimes que rien ne semble relier entre elles ; le canevas est classique. Et pourtant…
Vincent Engel, alias BAPTISTE MORGAN, possède sans aucun doute un talent de conteur extraordinaire.
Auteur de Mon voisin, c’est quelqu’un (2002), qui fut accueilli unanimement par la critique, il met ici sa plume au service de l’intrigue policière.
Mais l’essentiel du propos ne tient pas à la résolution des crimes ; il s’agit plutôt d’une étude des comportements humains, d’un regard sans complaisance sur une vieille amitié, une vieille rancune.
Ce que l’inspecteur Bach et son adjoint mettant au jour ne tient pas seulement de l’anecdote ; les victimes parlent, étalent leur désespoir, et c’est à travers leurs yeux que l’assassin se dévoile graduellement.
Si Vincent Engel nous avait habitués aux récits complexes, il nous laisse abasourdis devant l’exercice maîtrisé qu’est « L’art de la fugue » de Jean-Sébastien Bach, sur laquelle s’échafaude une intrigue qui tient en haleine, et le profil d’une mystérieuse jeune fille que tous s’acharnent à appeler Laetitia…
Cette parfaite harmonie, à plusieurs strates narratrices, donne naissance à un roman policier unique, dans lequel on retrouve avec délices toute la subtilité et la verve de Vincent Engel.
L’AUTEUR :
Auteur prolifique, VINCENT ENGEL enseigne à l’Université catholique de Louvain où il a fondé le Centre d’études de la nouvelle. Outre ses travaux de critique littéraire, il poursuit une réflexion sur les implications de la deuxième guerre mondiale.
Il a à son actif de nombreuses publications (essais, romans et nouvelles) parmi lesquels plusieurs titres parus conjointement avec Fayard et L’Instant même.
Auteur engagé, homme de lettres, VINCENT ENGEL inscrit ses œuvres dans un vaste projet, au sein duquel s’insère le cycle Baptiste Morgan (La vie oubliée 1998 et Mon voisin, c’est quelqu’un 2002).
Grand amateur de musique, celle de Bach en particulier, il a écrit le livret d’un oratorio à la mémoire d’Auschwitz, composé par l’écrivain belge Gaston Compère.
L’ART DE LA FUITE
Baptiste Morgan
LES ÉDITIONS L’INSTANT MÊME
2005 – 228 pages – 24,95$
LES ÉDITIONS L'INSTANT MÊME
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