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Mercredi le 11 décembre, 2002
Nature et obligations du mariage selon la doctrine juive traditionnelle
Sophie Régnière
L’Harmattan, Les Presses de l’Université Laval, 2002, 171 pages
Ce mémoire de maîtrise s’est mérité le Prix du Séminaire de Québec 2001. L’auteure poursuit actuellement des études doctorales, tout en enseignant l’hébreu biblique à la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval. Par ce livre, elle souhaite « donner le goût à tous (ses) lecteurs de s’impliquer davantage dans leur union personnelle. » (p. 9)
Heureusement, telle n’était pas mon intention en abordant la lecture de cet ouvrage! Je voulais juste satisfaire ma curiosité par rapport à d’autres mœurs. Je ne sais si l’auteure atteindra son objectif, j’ai atteint le mien. Ce n’est pas faute d’avoir « le goût de m’impliquer toujours mieux dans mon union personnelle », remarquez. J’abonde d’ailleurs dans le sens traditionnel juif d’insérer Dieu dans le couple à titre de premier partenaire; quant au reste, ma foi, je préfère m’en tenir à mes propres manières!
Résumons donc cette doctrine. Dieu a uni l’homme et la femme quarante jours avant leur stade embryonnaire; leurs âmes, séparées dans leur vie terrestre, renouent contact par le mariage, appelé kiddushin. Malgré cette vision sacrée du mariage, on admet — bien qu’à regret — sa dissolution par le divorce. La décision de celui-ci, toutefois, revient à l’homme uniquement.
D’autre part, cette vision fait du mariage une obligation, car l’un sans l’autre, l’homme et la femme ne sont pas complets. Le mariage juif a deux objectifs : affection et soutien mutuels; procréation. Par conséquent, le célibat est perçu comme un triple péché : contre la santé du corps, contre l’épanouissement de l’âme et contre le bien-être de la société. Quant à la stérilité volontaire, elle est condamnée comme un péché grave; toutefois, dans certaines circonstances, on admet contraception et avortement.
Dieu faisant partie intégrante du triangle matrimonial, on ne saurait en enfreindre les lois. La fidélité, par exemple, est un devoir mutuel. Le tribunal rabbinique prononcera toujours une sentence de divorce en conséquence de l’adultère; et ce, même contre la volonté des principaux intéressés!
Plusieurs jours de l’année sont interdits de célébration de mariage. Curieusement, celui-ci aura lieu (et les fêtes durent sept jours!) avant les funérailles, dans le cas du décès du père du fiancé ou de la mère de la fiancée. Tristes noces!
Dans le mariage juif, la femme est l’égale de l’homme. Cependant, son devoir est définitivement à la maison. Le fameux « devoir conjugal » incombe au mari : il doit s’assurer de rendre sa femme joyeuse — et seulement si elle le souhaite. Le viol est donc interdit… et la séduction encouragée. Les rapports sexuels sont proscrits durant les menstruations et les sept jours suivants.
Les anecdotes rapportées (malheureusement en caractères bien petits!) sont savoureuses à souhait et certainement issues d’une sagesse aussi réelle qu’ancienne… Reste à user de discernement dans les interprétations des textes!
Par exemple, on continue ici à confondre la femme et l’homme extérieurs avec les pôles féminin et masculin intérieurs de tout être humain. L’union à l’extérieur symbolise sans doute cette nécessaire union intérieure, mais ne saurait en aucun cas en créer l’obligation. Le plus grand « péché » des Juifs m’apparaît donc être le suivant : l'interdiction du libre arbitre. Ainsi, ne se placent-ils pas au-dessus de Dieu Lui-même?
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Uparathi effectue également, à la pige, des travaux de traduction (anglais-français), de révision et de rédaction de textes divers.
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