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Uparathi Littérature (adulte)
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Jeudi le 11 mars, 2004
François Thibaux
Éditions Michel Lafon, 2003, 285 p., 36,95 $ (18 €)
1537. Fernao Mendes Pinto, 27 ans, valet de son état, quitte le Portugal pour chercher fortune en Orient, où il devient un riche « marchand ». Après bien des aventures, il rencontre enfin l’amitié de François Xavier qui, lui, deviendra « saint »…
La structure du roman est intéressante; elle fait des bonds en avant, et le récit de l’un ou l’autre protagoniste nous ramène en arrière, éclairant l’histoire à rebours. Et l’écriture est incontestablement belle, si vivante et précise qu’on se retrouve aisément au milieu de la puanteur de la foule grouillante et excitée par le départ des caraques, ces ronds bateaux portugais…
L’histoire qui s’adresse ici à nous est celle du sordide quotidien. Des voyages en mer qui durent… un an et demi! Des traitements cruels faits aux ennemis, aux prisonniers, aux gueux, aux missionnaires : « Le catholicisme, avec ses mystères absurdes et son dieu écorché, ne les séduisait pas. Ils n’y voyaient qu’un fatras de mythes inconsistants, sans rapport avec les mœurs des conquérants. Allah était moins hypocrite. » (p. 70)
(François Thibaux, photo SIPA PRESS) Ah! Non! On ne s’ennuie pas, à suivre les péripéties extravagantes de notre héros, rondement racontées. Force nous est de constater qu’aussi loin qu’on recule, sur les mers ou dans le temps, on ne rencontre, hélas! que tueries et boucheries, vols et viols, larcins de toutes sortes. Elle est décidément bien lente à la métamorphose, la triste nature humaine! (D'ailleurs, j'ai qu'à me regarder évoluer moi-même pour comprendre ça - hi! hi!) Et même notre héros finit par s’en lasser : « La richesse acquise, on s’en fatigue », fait dire l’auteur à l’un des personnages.
On souhaite presque une intervention plus rapide du fameux « saint », qui ne se présente qu’à la quatrième partie du roman (sur cinq!) Mais, doux Jésus! Voilà un saint qui se flagelle, et puis on l’a vu : convertir, quelle bêtise!
« Vous m’aimez donc, seigneur Xavier? » (p. 262), s’exclame Fernao au bout de ses illusions. Car tout est là : être aimé et ne plus se sentir seul.
Une écriture superbe; pour décrire des horreurs sans nom. Un bon roman, mais ô combien démoralisant! Et entre nous, c'est pas à tourner en rond dans sa morosité qu'on arrive à mieux s'en sortir...
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Uparathi effectue également, à la pige, des travaux de traduction (anglais-français), de révision et de rédaction de textes divers.
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