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Uparathi Littérature (adulte)
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Lundi le 11 août, 2003
Nathalie Ricard
Les Éditions du remue-ménage IREF, 2001, 189 p.
Prix du meilleur mémoire de maîtrise de l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF/UQUAM)
« La sortie du placard s’opère (…) selon un calcul de risques et dépend des circonstances, des lieux; elle est remplie d’ambivalence et de paradoxes. De sorte que ne pas affirmer son lesbianisme est un moyen d’adaptation pour certaines autant que d’affirmation (Bonneau 1998). En mettant trop l’accent sur l’affirmation de l’homosexualité comme indicateur d’une bonne santé mentale chez les gais, les thérapeutes risquent de banaliser les rapports de pouvoir sous l’hétérosexisme. » (p. 46-47)
Dès le départ, Nathalie Ricard me confondait dans mes façons « bien-pensantes ». Toute vérité n’est pas toujours bonne à dire à n’importe qui ni n’importe quand — et même si on prend soin de ne pas dire n’importe comment. Je découvrais du même coup ce mot : hétérosexisme. Il recouvre toute une façon de penser et d’élaborer les lois à partir d’un seul monde — comme s’il n’y avait que celui-là! — celui, bien sûr, des hétérosexuels. De ce fait même, on constate l’étendue du préjugé et on mesure mieux toutes ses conséquences néfastes.
Ce livre m’aura permis de réviser bien des positions; et rien que pour ça, je remercie l’auteure et en recommande la lecture.
Mais venons-en au sujet spécifique du livre, les maternités lesbiennes. De nombreuses études démontrent déjà que les enfants de lesbiennes sont aussi « normaux » que les autres; alors que la marginalité et l’hétérosexisme, justement, auraient pu facilement, à eux seuls, justifier des problèmes additionnels. Peut-être est-ce dû au fait que « la liberté d’aimer, le sens des responsabilités et le respect d’autrui prévalent dans ces familles. » (p. 55) Hum! Tomberions-nous là dans des… contre-préjugés? (Quelques jours après avoir rédigé cette critique, je tombe sur ce qui suit, dans L'actualité du 1er juin : " Pas de doute, les gais et les lesbiennes sont de meilleurs parents que les autres. " Judith Stacey, sociologue à l'Université de Californie du Sud)...
Les différentes manières d’avoir un enfant demandent réflexion et provoquent un questionnement intéressant nos valeurs; et ce, qu’on soit lesbienne, célibataire ou infertile…
Certains des problèmes soulevés me sont apparus comme relevant non pas de la particularité lesbienne, mais plutôt du contexte de la famille reconstituée. Dans les deux cas, le conjoint qui n’est pas le parent des enfants « cherche sa place » au sein de la nouvelle famille; celle-ci, loin d’être fixe, change selon le caractère des personnes impliquées et l’évolution de chacun au sein de l’équipe.
Là où ça devient véritablement problématique, c’est dans le cas où le couple lesbien décide d’avoir « ensemble » un enfant. La mère biologique est alors reconnue comme telle, mais l’autre « parent » n’a aucun statut social reconnu; il est ainsi privé de tout droit et obligation...
Le livre de Mme Ricard nous propose une très belle ouverture sur une réalité qui n’est pas moins réelle du fait d’être occultée. « Sortir du placard » concerne tout autant les hétérosexuels, car c’est souvent leurs préjugés qui en maintiennent la porte close.
   
0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément
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Uparathi effectue également, à la pige, des travaux de traduction (anglais-français), de révision et de rédaction de textes divers.
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