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Quiproquo sur Dieu***** (essai historique) |
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Mardi le 11 août, 2009 |
3 500 ans pour élucider la véritable identité du « Seigneur » d’Abraham
Bernard Lamborelle
Editas, 2009, 272 p. plus une carte en couleur, 24,95 $
Ce n’est pas avec Dieu qu’Abraham fit une alliance, mais avec Hammourabi, puissant roi de Mésopotamie dont il était le vassal. Et il adorait, comme tout le monde, les dieux païens de l’époque. Il n’est donc pas le père fondateur du monothéisme des religions chrétienne, islamique et juive. Telle est l’hypothèse avancée par l’auteur de ce passionnant essai historique.
Tout comme Annick de Souzenelle, Bernard Lamborelle se sentait frustré de ne pouvoir comprendre la Bible. Comme elle, il semble avoir trouvé d’intéressantes clés de lecture. Il a mis six années de recherche pour étayer la thèse qu’il présente ici. Il offre de la Bible une lecture historique, alors qu’Annick de Souzenelle en offre une lecture symbolique. L’une n’empêche pas l’autre…
Dans une langue solide, M. Lamborelle pose des questions plus qu’intéressantes. Les liens proposés sont des hypothèses intelligentes et plausibles. L’ouvrage est fouillé et érudit. J’y ai fait plus d’une découverte passionnante.
Son hypothèse concernant le calcul de longévité des personnages bibliques, fondé sur les cycles lunaires, donne des résultats beaucoup plus « naturels ». Il en va de même de l’âge des Patriarches, calculé en base 60, système alors courant en Mésopotamie. Ce qui lui permet d’effectuer des recoupements inédits avec les événements historiques.
Après cette première partie, nous sommes fin prêts pour une relecture de la Genèse. Une relecture très plaisante, et qui sonne étonnamment juste! Les démonstrations, bien étayées, sont claires, précises, appuyées de graphiques et de tableaux. Des reproductions parsèment le livre, et des résumés viennent régulièrement clore l’avancée des hypothèses.
Dans la troisième et dernière partie de l’ouvrage, l’auteur, pour satisfaire sa curiosité – et la nôtre! —, s’aventure à pousser les hypothèses par-delà Abraham. Avec des résultats tout aussi intéressants!
Il conclut : « Si nous voulons reconnaître dans les écrits une dimension sacrée, c’est parce que leur nature universelle et symbolique, bien plus que la croyance d’une intervention divine, nous y invite. Ces textes semblent plutôt avoir été inspirés par l’éternelle sagesse bienveillante de l’homme, au même titre que les enseignements philosophiques, bouddhistes ou hindouistes. Tous contribuent au développement de la spiritualité et à l’éveil de l’homme et de la femme. À ce titre, ils conservent une valeur d’enseignement inestimable, mais plutôt que de vouloir les ériger en dogme, il serait plus sage de les “traduire”, de les moderniser et de leur rendre toute leur authenticité. » (P. 250)
Fascinant!
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