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| La touche étoile*** |
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Dimanche le 12 novembre, 2006 |
Benoîte Groult
Les éditions Grasset, 2006, 288 p., 29,95 $ (17,90 €)
L’auteure a choisi d’introduire, en plus d’Alice (la mère) et de Marion (la fille), un troisième narrateur, Moïra, la destinée. On se demande un peu pourquoi, puisque cette dernière n’apporte rien de plus au roman, sauf peut-être à semer la confusion, un narrateur terminant parfois ce que l’autre a commencé!
Alice a d’abord 72 ans, puis 77, puis 80, enfin 81. Mais le passage du temps n’est pas toujours évident, lui non plus. Et puis, il me semble que la réalité en prend pour son rhume au niveau des genoux d’Alice; car s’ils négocient difficilement les escaliers, ils semblent très bien se tirer d’affaire à bicyclette!
Le projet d’Alice est le suivant : comprendre pourquoi, de nos jours, l’amour et le respect des vieux s’absentent à ce point. Ce qui l’amène à parler de la vieillesse et de ses nombreuses découvertes; par exemple, le bien inestimable qu’est… la souplesse! La difficulté de trouver des vêtements seyants. Elle raconte sa première conquête, aussi ardue que drôle – et dans laquelle on se reconnaît avec tant d’aisance —, de cette machine aussi infernale qu’indispensable : l’ordinateur au langage aussi hermétique que celui des médecins!
Puis nous passons à la fille, Marion, qui vit une histoire différée et passionnée avec Brian, qui n’est pas son mari. Quand elle atteint 60 ans – et son amant 70 —, elle semble toujours vivre un amour aussi passionné!
Alors que les accents de Marion sont remplis d’amour, ceux d’Alice sont pleins d’humour; du moins au début. Car au fil du temps qui passe, elle nous laisse entendre une vieillesse plus amère que sereine. Elle préfère se réfugier dans le passé que dans un présent qui la déçoit.
Elle a toutefois largement raison en ce qui concerne les vêtements trop sexy des toutes petites filles et les jouets aussi clinquants que stéréotypés. Une autre vérité inéluctable : nos petits-enfants ne nous connaissent que vieux… et ma foi, presque nos enfants aussi! Vrai encore qu’on ne vit pas sur la même planète que nos parents ni sur la même que nos enfants.
Heureusement la Mort, au bout de la touche étoile…
Chronique de Loulou
1 Pas du tout, 2 Un peu
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