André Jacques
Québec Amérique, 2008, coll. « Tous continents », 504 p., 27,95 $
Le prologue nous accroche dès le départ : dialogues vivants et naturels, écriture impeccable, intrigue bien amenée, et une violence supportable. (L’auteur ne s’étire pas non plus sur les scènes de torture qui ont eu lieu avant qu’on arrive sur les lieux…)
La structure est intéressante, qui clôt chaque « jour » par un chapitre intitulé Musique de nuit. On y retrouve plusieurs rencontres nocturnes, qu’elles soient le fait de l’inspecteur Latendresse avec son équipe de Lynx contre le crime organisé ou celui des malfaiteurs qu’ils pourchassent; nuits où l’on fait les cadavres ou les tractations clandestines; où l’on tient des conciliabules; où l’on prépare ou assouvit les vengeances; où l’on passe les commandes d’assassinat...
De temps en temps, les dialogues comportent quelques bribes d’anglais (en italiques) – rien qui empêche de comprendre le déroulement de l’action si l’on n’est pas bilingue; un sacre également par-ci par-là, juste assez pour qu’on sache où elle se déroule. (Le n’ de la négation manque souvent à l’appel.)
L’intrigue se corse, le mystère s’épaissit au fil des ramifications qui se multiplient. Des petites lacunes, cependant. Poursuivi comme il l’est par tout un chacun, il est plutôt surprenant que notre héros, l’antiquaire Alexandre Jobin, ne songe pas à quitter sa Cherokee si facilement reconnaissable – mais qu’il pense, plus tard dans le roman, à inverser son blouson (au moment d’une poursuite dans le métro et les rues de Paris particulièrement haletante)! On trouve aussi quelques clichés; celui-ci, par exemple qui, selon ma propre expérience, ne tient guère la route : « L’hôtesse apporta un cognac au voisin cireux. Elle continuait, imperturbable, à afficher ce sourire congelé qu’on lui avait sans doute collé au visage dès le premier jour de sa formation. » (P. 340)
La partie policière – heureusement la plus importante – présente nettement plus d’intérêt que le volet romantique. Les battements de cils de Chrysanthy (la petite amie d’Alexandre) délient décidément bien facilement les langues!
Chronique de Loulou
1/2
1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément
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