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Uparathi Littérature (adulte)
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Lundi le 16 août, 2004
Du profane au sacré
Herbert Fingarette (1972); traduit de l’américain, présenté et commenté par Charles Le Blanc (2004)
Les Presses de l’Université de Montréal, coll. Sociétés et cultures de l’Asie, 174 p., 24,95 $ (20 €)
« Je me contenterai de dire ici que mon but premier – et ma joie, quand j’ai réussi – a été de découvrir ce qu’il y a de distinctif chez Confucius, d’apprendre ce qu’il peut m’enseigner, et de ne pas chercher ce plaisir quelque peu pédant qu’on trouve à montrer qu’un maître ancien et étranger a anticipé quelque propos qui nous est déjà bien familier. » (p. 22)
L’auteur s’efforce donc de porter sur le texte un regard « vierge » de tout concept chrétien et occidental. Cela donne une lecture neuve et fraîche de la pensée confucéenne. Par exemple, on ne rencontre chez Confucius aucune notion de culpabilité, mais plutôt de honte. Et M. Fingarette d’expliquer les nuances qui s’imposent…
Les Entretiens dont il est question sont constitués des aphorismes de Confucius recueillis par ses disciples, puisqu’on ne connaît aucun écrit du maître lui-même. Qu’on ne s’attende pas à trouver ici, toutefois, les axiomes eux-mêmes.
L’ouvrage, d’une grande érudition, est écrit avec simplicité, deux qualités qui ne se fréquentent pas si souvent! À l’aide d’exemples simples et concrets appartenant à notre « rituel » quotidien, l’auteur nous fait découvrir la « morale » profonde des enseignements de Confucius, et la « magie » peut alors s’intégrer au quotidien. (On se demande pourquoi le traducteur a tenu à le commenter si longuement! Toutefois, comme ces commentaires suivent chaque chapitre, il est facile de les sauter…)
À cette lecture, il m’est apparu que la principale différence entre « habitude » et « rituel » tient tout simplement à la conscience. Peut-être est-ce parce que nous avons tant besoin de cette dernière que les habitudes sont si tenaces, nous rappelant ainsi sa nécessité.
Pour Confucius, le but ultime de celui qui marche sur la Voie n’est pas d’arriver quelque part, mais bien d’atteindre à un état, celui « de suivre la Voie sans effort et correctement. » (p. 65) Il renvoie l’utilisation de sanctions et de châtiments à une entreprise pas vraiment « humaine », la noblesse même de la Voie constituant la seule motivation réelle.
Selon l’auteur, Confucius « fut le créateur d’un nouvel idéal, non l’apologiste d’un ancien. » (p. 128) Lui, Jésus et Bouddha ont réanimé le vieux pour appréhender et connaître le nouveau.
Les derniers chapitres m’ont paru moins intéressants ou peut-être beaucoup plus théoriques. Une lecture un peu abstraite, qui rebranche malgré tout sur l’essentiel – certes sans mièvrerie!
1/2
0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément
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Uparathi effectue également, à la pige, des travaux de traduction (anglais-français), de révision et de rédaction de textes divers.
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