Amos Oz; traduit de l’hébreu par Sylvie Cohen
Gallimard, 2008, coll. Folio, 128 p., 4,20 €
Un village au bout du monde, triste et gris, encerclé par des forêts épaisses et sombres. Un village maudit : toutes les bêtes, tous les oiseaux et même les poissons de la rivière l'ont déserté. Depuis, ses habitants se barricadent chez eux dès la nuit tombée, terrorisés par la créature mystérieuse nommée Nehi, et interdisent aux enfants de pénétrer dans la forêt. Mais surtout, ils gardent le silence. Personne ne veut se souvenir des animaux ni évoquer la vie d'avant. Deux enfants, Matti et Maya, décident d'élucider le mystère et s'aventurent dans la forêt en dépit de l'interdit…
L’auteur est de taille; pourtant, je n’ai pas été sous le charme. Il lui faut une dizaine de chapitres répétitifs pour placer l’intrigue. Les répétitions, sans doute censées agir comme un chant lancinant, ne m’ont paru qu’irritantes.
Le conte touche plusieurs réalités importantes. Celle de l’Un, par exemple : « Donc, il faudrait être vraiment stupide pour se moquer ou asticoter les autres passagers […], car c’est le bateau tout entier qui en souffrirait. Et puisque nous n’en avons pas d’autre. » (P. 46) En même temps, il dénonce le conformisme. Il nous parle encore des réalités invisibles : (…) « la réalité n’est pas forcément visible, audible ou tangible, mais souvent indiscernable, impalpable, ne se dévoilant parfois fugitivement qu’à celui qui la cherche avec les yeux de l’esprit, est capable de l’entendre avec les oreilles de l’âme ou de la toucher avec les doigts de la pensée. » (P. 50-51)
Une histoire d’enfants et d’animaux (garants de l’innocence perdue), le simple langage de ces derniers ne possédant que le présent… Surtout, un plaidoyer pour l’acceptation de tous — y compris les animaux; en faveur de la compassion, qui seule peut nous empêcher de tuer pour manger et vivre. L’espoir d’un retour à un certain Jardin d’Éden…
1/2
1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément
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