Comment rester jeune dans son corps et dans sa tête
Andrew Weil
Presses du Châtelet, 2007, 336 p., 155 x 240 mm; 34,95 $ (22,00 €)
« Vieillir avec grâce signifie laisser la nature suivre son cours en mettant tout en œuvre pour retarder l’arrivée des maladies liées à l’âge, pour vivre aussi longtemps que possible en bonne forme, avant de connaître le déclin le plus rapide possible. » (P. 10) Il ne s’agit donc pas ici de récuser la vieillesse, mais de l’accepter (voilà bien le mot clé!) et d’en faire une étape heureuse et pleine de sagesse.
L’auteur nous parle d’abord scientifiquement d’immortalité, de fontaine de Jouvence et de médecine anti-âge (données fort intéressantes) pour en arriver à cette conclusion : (…) « ces percées théoriques ne servent qu’à détourner l’attention de ce qui est vraiment important : apprendre à accepter l’universalité et l’inévitabilité du vieillissement, comprendre à la fois les défis et les promesses de l’âge et savoir entretenir au mieux son esprit et son corps au long des étapes successives de la vie. » (P. 81) Et pourquoi est-il si important de ne pas succomber au refus de vieillir qui semble malheureusement se généraliser? « Parce que le vieillissement nous rappelle notre mortalité, il peut être à la source de l’éveil et de l’évolution spirituels » (p. 115), répond l’auteur.
Au chapitre 6, intitulé La valeur de l’âge, il se sert de choses reconnues pour s’améliorer avec l’âge (vin, whisky, fromage, arbres, violons, antiquités) pour voir si le vieillissement apporte des bénéfices comparables à l’être humain. La conclusion s’impose d’elle-même : « Oui, notre corps va décliner et pourrir, mais le vieillissement, s’il est accueilli et accepté, peut conduire à la maturité et à toutes les promesses symbolisées par les couleurs du coucher de soleil et du feuillage d’automne, par la perfection du fruit mûr et par le plaisir procuré en savourant un fromage bien fait. » (P. 134)
Après science et philosophie, il aborde, dans la seconde partie de son ouvrage, les renseignements pratiques pour vieillir avec grâce en ce qui a trait au corps (régime alimentaire, activité et repos), au mental (stress, pensées et émotions) et à l’esprit (conscience de notre essence spirituelle).
L’avis de ce médecin sur plusieurs tests et examens médicaux me confirme dans cette pensée : moins on en passe… et mieux on se porte! Il est toutefois favorable aux vaccins — ce qui n’est pas mon cas ni celui de bien d’autres (voir à ce sujet Les 10 plus gros mensonges sur les vaccins*****). Enfin – et c’est de nouveau heureux! —, s’il recommande des médicaments, c’est toujours en dernier recours, quand les méthodes naturelles n’ont pas donné les résultats escomptés. Un conseil sans aucune restriction toutefois : ne fumez pas.
En ce qui concerne alimentation, il propose un régime anti-inflammatoire réunissant autant de produits d’origine végétale que possible : fruits et légumes, céréales complètes, graines, noix, herbes et épices. Tout un chapitre porte sur les compléments alimentaires, que l’auteur utilise lui-même, mais pas n’importe lesquels!
Au chapitre suivant, il traite de l’activité physique – de ses risques (il y en a!) et de ses avantages. Il dresse trois types d’activités : l’aérobique (marche, natation, bicyclette, appareils de cardioentraînement), la musculation (soulever des poids) et le travail de la souplesse et de l’équilibre (yoga, planches ou ballons gonflables, tai-chi). Il traite ensuite de repos et de sommeil, l’essence du repos étant « de ne rien faire – c’est-à-dire de se montrer passif à la fois sur les plans physique et mental. » (P. 236) Quant au chapitre portant sur le contact et les relations sexuelles, il est aussi sain que bref. Car si cet aspect de la vie – comme tous les autres – se modifie avec l’âge, maintes adaptations « naturelles » sont possibles et souhaitables.
Au chapitre du stress, il propose non pas de le réduire – la vie est ce qu’elle est, et une épreuve en suit habituellement une autre —, mais de changer plutôt notre réaction au stress — attitude beaucoup plus réaliste et accessible. On y arrive entre autres par la relaxation (yoga, rétroaction biologique, faire la planche dans l’eau ou caresser un animal aimé…), la respiration, la méditation, la visualisation mentale, le travail sur le corps (le massage, par exemple).
Les pensées, les émotions et les attitudes influencent directement notre qualité de vie. Pour changer ses habitudes de pensée, les meilleures sources d’aide qu’ait trouvées l’auteur sont les suivantes : des formes innovantes de psychothérapie (plus précisément la thérapie comportementale cognitive ou TCC, qui intègre des idées provenant du bouddhisme) et des enseignements psychologiques issus, justement, du bouddhisme. Le truc est simple, mais il demande beaucoup de vigilance : remplacer toute pensée négative par une pensée positive. L’auteur préconise encore deux attitudes : la souplesse et l’humour.
Il aborde ensuite l’une des modifications les plus terrifiantes que l’âge peut apporter : l’érosion de nos facultés mentales. Évidemment, tous les conseils donnés précédemment continuent de s’appliquer! « Deux autres facteurs offrent également une protection contre le déclin cognitif lié à l’âge : l’éducation et la nicotine. » (P. 270) Cette dernière n’est malheureusement pas à recommander, ses effets négatifs sur la santé l’emportant largement sur ce seul aspect positif (et encore, pas toujours!) Mieux vaut donc apprendre une langue étrangère ou l’utilisation d’un nouveau logiciel.
Les deux derniers chapitres s’attardent à un pouvoir du vieillissement que l’on n’évoque que très rarement : sa contemplation « peut conduire à l’éveil de soi et à l’évolution spirituelle ». (P. 283) (Celle-ci n’étant pas synonyme de religion.) En dernier lieu, il nous parle d’un testament éthique, soit la rédaction de nos valeurs et des enseignements appris que nous aimerions transmettre.
Trois annexes complètent l’ouvrage : Programme en 12 points pour vieillir en bonne santé, Le régime anti-inflammatoire et La médecine intégrative (pratiquée par l’auteur). Il s’agit d’« une démarche thérapeutique tenant compte de la personne dans sa totalité – de ses composantes physiques, mentales et spirituelles, ainsi que des divers aspects de son mode de vie. » (P. 305) Pour en savoir plus…
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