Robert Brisebois
Les Éditions internationales Alain Stanké, 2003, 256 p., 19,95 $
Ce deuxième tome, qui fait davantage sourire que rire, se divise en six chapitres. Le mieux, c’est encore de vous glisser quelques exemples…
1. Les anecdotes. C’est plutôt rare, mais il y en a parfois une gentille! « Barton, Clara (1821-1912) Fondatrice et présidente de la Croix-Rouge américaine (1882-1904). Mlle Barton ne savait pas garder rancune. Une amie lui rappela une vacherie qu’on lui avait faite des années auparavant. – Tu dois bien t’en souvenir? Demanda l’amie. – Non. Je me souviens très bien de l’avoir oubliée. » (p. 25) Certaines ne sont pas particulièrement rassurantes : « Kissinger, Henry (1923— ) Diplomate américain d’origine allemande. Kissinger voyagea beaucoup, souvent dans des pays où les attentats survenaient à tous les carrefours. Sans être excessivement inquiet, le diplomate se posait tout de même des questions, surtout lorsqu’il était en visite dans des villes où sévissait le terrorisme. Il vérifia, auprès de ses gardes du corps, leur vigilance en cas d’incident. – Que faites-vous si je suis victime d’une tentative d’enlèvement? – Vous n’avez rien à craindre, monsieur Kissinger, nous ne les laisserons jamais vous prendre vivant. » (p. 71) D’autres semblent pleinement méritées : « Lawrence, Thomas Edward (1888-1935) Militaire et écrivain britannique, dit « Lawrence d’Arabie » pour avoir conduit la révolte arabe contre les Turcs. Au cours d’une réception, en Égypte, par une journée de très grande chaleur, une dame d’un certain âge, connue pour faire du plat aux célébrités, interpella Lawrence. Comme tactique d’entrée en matière, elle profita de la température atteignant plus de 90 degrés Fahrenheit et s’adressa à Lawrence : — Colonel, 92 aujourd’hui! Pensez donc, 92! – Eh bien, un très joyeux anniversaire, madame! Riposta Lawrence. » (p. 74) Certaines font honneur à l’exactitude des faits : « Marx, Julius, dit Groucho (1895-1977) Comédien américain. Groucho travaillait dans le jardin de sa maison en Californie. Il était vêtu de vieilles hardes. Une riche dame d’un certain âge, roulant en Cadillac, aperçut Groucho dans ses plates-bandes et demanda à son chauffeur de s’arrêter un moment. Elle était justement à la recherche d’un jardinier. – Jardinier, lança la dame, combien vous paye la propriétaire de la maison? – Je ne suis pas payé en argent, riposta Groucho, je couche avec la propriétaire. » (p. 80)
2. Les ripostes. D’entrée de jeu, l’auteur nous prévient : « Mais attention! À chaque mot d’esprit que tu profères, compte au moins dix ennemis; et ce, même si c’est de l’arrogance bien élevée. » (p. 99) Où l’on découvre le manque d’humour des fonctionnaires américains : « Harding, Gilbert (1907-1960) Citoyen britannique. Gilbert Harding, faisant une demande de visa pour les États-Unis, fut contrarié par les questions du formulaire, notamment celle-ci : « Est-ce votre intention de renverser par la force le gouvernement des États-Unis? » Il écrivit : « C’est là l’unique but de ma visite. » Il n’a jamais eu de visa. » (p. 123) Le comble de la connerie semblerait, lui aussi, américain : « Kennedy, John Fidzgerald (1917-1963) 35e président des États-Unis. – Est-ce bien prudent de nommer votre frère, Robert, ministre de la Justice? – Il n’y a rien d’anormal si je permets à mon frère Robert d’acquérir l’expérience du droit comme ministre de la justice. Cela lui sera sûrement utile lorsqu’il devra pratiquer le droit. » (p. 126) Le comble du cynisme l’est aussi : « Leno Jay (1950— ) Animateur et humoriste américain. – Comment l’Irak sera-t-il administré après la guerre? Leno : — Le pays sera divisé en trois : une partie ordinaire, une super et une sans plomb. » (p. 128)
3. Les petites vacheries. Ouf! Du réalisme outrancier : « Rogers, Will (1879-1935) Humoriste américain. Au sujet de l’industrie du film : — La seul (sic) chose qui peut vraiment anéantir notre cinéma, c’est une meilleure éducation du peuple américain. » (p. 178)
4. Les grivoiseries. Coquin : « Parker, Dorothy (1893-1967) Auteure américaine. – Chaque fois que je cours après un homme, je connais toujours un échec. Parker : — Il ne faut jamais courir après un homme ou un autobus : il y en a toujours un qui suit dans la minute. » (p. 213)
5. Les dialogues. « Laurel, Stan (1890-1965) Acteur et comédien américain en tandem avec Oliver Hardy. Dans le film Way Out West : Rosina Lawrence : — Est-ce vrai que mon cher père est décédé? Laurel : — J’espère bien pour lui. Ils l’ont enterré hier. » (p. 229)
6. Les anonymes. « — C’est un véritable gentleman écossais. En plus, il joue très bien de la cornemuse. – Un vrai gentleman sait jouer de la cornemuse, mais n’en joue pas. » (p. 240-241) « — En tout cas, le Canada est un pays neutre. – Moins que le Québec, qui n’intervient même pas dans ses propres affaires. » (p. 241)