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Uparathi Littérature (adulte)
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Mercredi le 21 décembre, 2005
Pourquoi sommes-nous infidèles?
Alexandra Choukroun
L’Archipel, 2005, coll. « Psychologie », 240 p., 24,95 $ (15,95 €)
L’auteure, psychologue clinicienne et thérapeute de couples, aborde la question de l’infidélité sous ces deux angles.
De nos jours, dit-elle, la fidélité n’est plus une obligation, mais la conséquence naturelle de l’amour partagé. Par conséquent, « si un individu remet en cause l’obligation de fidélité, c’est le sentiment d’amour lui-même qu’il commence à renier. » (p. 15) L’adultère n’est donc pas la cause, mais plutôt le symptôme d’un problème.
La psychologue fait le tour des diverses circonstances de l’adultère, qui est parfois une manière d’essayer de rompre. Consciemment ou non, il peut aussi être motivé par le besoin de ne plus se sentir le « papa » ou la « maman » de son partenaire. Et puis, il y a le fameux démon de midi, ce moment du bilan, mais aussi de la peur de vieillir et de perdre tout pouvoir de séduction. Quant à la peur de l’engagement, c’est tout simplement la peur de souffrir un jour. Enfin, il y a l’adultère de complémentarité, qui consiste à rechercher chez une tierce personne des qualités, des traits de caractère ou des comportements que l’on ne trouve pas — ou plus — chez son partenaire. (L’amitié, plutôt que la relation sexuelle, ne pourrait-elle combler ce dernier besoin, qu’à mon sens une seule personne ne saurait satisfaire une vie durant?)
L’auteure consacre un chapitre très intéressant aux principaux troubles sexuels. La conclusion n’en est pas moins que ce qui prévaut dans un couple… c’est la qualité de la relation amoureuse.
Elle confirme également bien des choses. Par exemple, en ce qui concerne la fidélité – ou l’infidélité —, il existe peu de différence entre hétérosexuels et homosexuels. Quant aux pensées fantasmatiques, elles sont une activité imaginaire stimulante pas forcément symptomatique d’un malaise au sein du couple.
Le premier prix à payer pour une relation adultérine est celui du mensonge et de la culpabilité qui l’entraîne. Pourtant, une vérité difficile fait toujours moins de mal qu’un mensonge, affirme l’auteure. J’aime beaucoup cette précision : « En réalité, il n’existe pas de « menteur », mais simplement une personne qui raconte un mensonge. Le distinguo est important à établir : il est fort réducteur de définir une personne par un mot. Et puis, il faut cesser de croire que le mensonge est la trahison suprême : c’est avant tout le signe d’un malaise, voire d’un profond mal-être. » (p. 101-102)
Voici un endroit, toutefois, où je n’endosse absolument pas les vues de l’auteure, qui croit que l’enfant ne met pas fin au complexe d’Œdipe s’il « ne renonce pas à sa sexualité en continuant à se masturber » (p. 117)! (C’est moi qui souligne.) Comme si la masturbation n’était pas, et ce, tout au cours de la vie, un geste éminemment sain — pour ne pas dire... sacré!
L’important est de retenir que la « crise est là pour dire qu’un changement dans la relation est nécessaire et qu’elle doit être réaménagée. » (p. 187)
L’auteure dresse la liste des six facteurs donnant au couple les meilleures chances de réussir; et de dix règles pour renforcer l’enveloppe protectrice du mariage et prévenir les risques d’adultère. Enfin, si celui-ci a été commis, reste le pardon, qui consiste à « chasser la haine sans oublier la souffrance. » (p. 206)
Tableaux, statistiques et beaucoup d’exemples de cas viennent étayer ces intéressants propos.
1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément
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