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Uparathi Littérature (adulte)
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Lundi le 22 décembre, 2003
Jean Grondin
Bellarmin, collection L’essentiel, 2003, 142 p., 14,95 $ (12 €)
L’auteur est tenté d’inverser le fameux « Je pense, donc je suis » de Descartes : « J’existe, donc je pense. » Et moi qui m’apprêtais, au moment de ma lecture, à animer un atelier où il allait être question, entre autres, de « pensée créatrice », j’ai songé que c’était peut-être là ce que la proposition de Descartes signifiait : « Je pense, donc je me crée »…
Quant aux « grandes questions » de la philosophie : « Que faisons-nous ici? Pourquoi et pour qui sommes-nous là? Que devons-nous, que pouvons-nous y faire? Que nous est-il permis d’espérer? » (p. 6), ce sont justement celles que posait récemment, dans ses propres mots évidemment, Sabrina (16 ans), la fille de mon chum. Comme quoi la philosophie, ce n’est pas un truc de salon pour érudits, mais bien « la science du sens », qui nous interroge… dès la première pensée!
Érudit et frondeur, l’auteur aime à nous provoquer, à nous surprendre par des limpidités auxquelles nous n’avions peut-être pas songé. Par exemple : pourquoi la question du sens de la vie est-elle récente? Parce qu’autrefois, « ce sens allait un peu de soi. » Tandis qu’aujourd’hui, « ce sens ne va pas, ne va plus de soi. » (p. 24) Le sens de la vie est devenu problématique, comme lorsqu’on s’interroge sur le sens d’une relation amoureuse… Au fond, on n’interroge pas ce qui va de soi!
L’auteur s’applique à « déconstruire » l’idée d’une « construction du sens », car le sens de la vie lui colle en quelque sorte à la peau. Je dirais qu’on ne donne pas un sens à la vie, mais qu’on l’emprunte plutôt.
De la même façon que le langage extérieur n’arrive jamais à traduire l’entièreté du langage intérieur, le « sens de la vie » ne saurait être abordé, compris, senti que de l’intérieur. Les limites mêmes du langage nous indiquent ici… la direction du sens. « Une philosophie du sens de la vie ne cherche pas à imposer un sens, mais à le soutirer à la vie (…) : c’est la vie elle-même qui a un sens » (p. 59-60). L’auteur voit le bonheur comme une chance, un hasard, en général de courte durée, nécessairement limité. Mais n’est-ce pas le considérer justement de l’extérieur seulement? Reçu de l’intérieur, cultivé dans l’attitude, n’a-t-il pas alors plus de chance de durer…
L’espérance est tout aussi chevillée à la vie que le sens. Toutefois, malgré le secours de la langue espagnole, pour qui l’ilusion est plutôt synonyme de joie, quant à moi je continuerai de m’en tenir à la « réalité » pour fonder mon espérance…
Car, oui, c’est bel et bien dans le sens du « Bien » que va le sens de la vie : (…) « tous, nous détestons les exploiteurs et les hypocrites, les égoïstes et les tyrans, signe que la crise des valeurs est un mythe et que le sens de la vie n’a pas à être inventé ou construit. » (p. 107) Car c’est le Bien « qui rend la vie digne d’être vécue. » (p. 123)
N’est-ce pas exactement ce que nous disait ce matin (mot à mes abonnés) non plus cette fois un philosophe, mais un sage…
0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément
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Uparathi effectue également, à la pige, des travaux de traduction (anglais-français), de révision et de rédaction de textes divers.
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