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Confidences royales***


Vendredi le 23 janvier, 2004

Les révélations fracassantes du majordome de Lady Diana
Paul Burrell, traduit de l’anglais par Michel Robineau
Éditions Michel Lafon, 2003, 396 p., 19,95 $

Si Paul Burrell, en tant que majordome et ami de la princesse Diana, en a reçu les confidences, il est loin de les révéler ici, contrairement à ce que promet le sous-titre; et c’est tant mieux pour la loyauté! En fait, le livre constitue bien davantage une tentative de réhabilitation de la réputation de son auteur. Ce dont on ne peut le blâmer, compte tenu des fausses accusations portées contre lui — fausses, puisqu’on a mis fin au procès avant même qu’il ait pu présenter sa défense; c’est ce livre, en fait, qui en tient lieu.

Livre qui fascine par bien des aspects et qu’on pourra sans doute porter au nombre des archives des mœurs royales d’Angleterre de ce dernier siècle. La famille royale, que l’auteur a servie fidèlement et respectueusement pendant presque un quart de siècle, se sort d’ailleurs indemne de cette autobiographie. C’est plutôt la famille de Diana, les Spencer, qui en prend ici pour son rhume…

Le destin de Burrell est pour le moins aussi fascinant que celui de celle qu’il appelle la Patronne, mais à qui il s’est adressé ainsi jusqu’à la fin — et même après qu’elle eut perdu ce titre : « Votre Altesse royale ».

Son enfance se déroule au milieu des travailleurs du charbon, vie à laquelle il échappe grâce à un professeur qui lui reconnaît un certain potentiel. Après des études en hôtellerie et un premier refus d’embauche à Buckingham Palace, il prend de l’expérience dans un hôtel de Torquay. Son entrée subséquente à Buckingham, il la doit à sa mère, mais je ne vous dis pas comment, c’est trop délicieux à découvrir…

D’abord sous-majordome, il passe rapidement valet. Seize mois plus tard, il est valet de pied de la reine, une femme qu’il aime et admire, entre autres pour sa tolérance et sa patience.

Diana a 19 ans quand elle est invitée pour la première fois à Balmoral par le prince Charles, qui en a 33. Installée à Buckingham dès ses fiançailles et passablement solitaire, elle fraternise rapidement avec le personnel — avec qui elle est à l’aise, malgré ses origines nobles — qui l’initie aux mystères du protocole de la cour.

L’auteur affirme que le couple s’est réellement et profondément aimé durant les premières années de son mariage, avant de s’entredéchirer. Histoire presque banale… Charles semble l’avoir patiemment soutenue alors qu’elle souffrait de boulimie et d’instabilité émotive.

En 1984, l’auteur épouse Maria Corsgrove, et ils obtiennent la permission de la reine de continuer à travailler tous les deux au palais, rompant ainsi avec des siècles de protocole. En 1987, après dix ans de service auprès de la reine, il prend la difficile décision de servir, avec sa femme, le prince et la princesse de Galles, afin de vivre à la campagne et de demeurer davantage auprès de sa famille.

À Highgrove, Charles s’occupe de ses deux passions, le jardinage et l’aquarelle, pendant que ses fils jouent avec ceux de son majordome. À compter de 1988, les époux royaux ne sont plus ensemble à Highgrove que pour les réceptions officielles. Bientôt, le château s’emplit d’éclats de voix. Camilla est déjà dans la vie de Charles quand Paul Burrell accepte une première mission confidentielle : aller chercher un « ami très cher » de la princesse…

En 1992 paraît le livre autorisé par la principale intéressée, Diana, sa vraie histoire. Peu après, la séparation est officiellement annoncée, et Diana demande à Paul et Maria de passer à son service, à Londres.

Paul Burrell décrit ainsi Diana : « merveilleuse, complexe, imparfaite mais pleine de tendresse » (p. 219). Je ne suis pas certaine de partager l’enthousiasme de l’auteur après la lecture de ce livre… Commettrais-je un sacrilège en trouvant Diana un peu… « blonde »? Malgré « l’erreur » du livre — c’est elle qui le reconnaît! — quelques années plus tard, elle commet une autre bévue sous la forme, cette fois, d’une entrevue télévisée. Comment s’étonner que la reine et le prince Charles exigent maintenant le divorce? Ce qui est étonnant, c’est que Burrell affirme que malgré tout, jusqu’à la fin, la reine et la princesse ont entretenu de bonnes relations. Décidément patiente, la reine!

Août 1997. Ce que l’auteur raconte des quelques heures ayant suivi la mort de Diana est lourd d’émotion. Il y a aussi cette note, bien sûr, qu’elle lui a confiée environ un an avant sa mort, où elle écrit qu’on lui prépare un « accident » de voiture…

2001. Scotland Yard vient l’arrêter chez lui, où il a l’impression d’assister au cambriolage de sa propre maison. On emporte tous les cadeaux que lui avait offerts la princesse, y compris des lettres confidentielles, qu’on l’accuse d’avoir volés. Quelque temps après, on arrête même son frère, contre qui on cesse toutefois toute poursuite dix mois plus tard, faute de preuves.

2002. L’accusation abandonne le procès après deux semaines, quand elle prétend « apprendre » que la reine savait que Paul détenait des documents confidentiels et bien des objets confiés par la princesse elle-même; mais Scotland Yard le savait déjà, affirme M. Burrell… Là réside le mystère — qui reste entier; ainsi que celui de la mort de la princesse, évidemment...

Quant à la révision du manuscrit, bâclée, elle laisse, elle, hélas! bien des fautes.

Chronique de Loulou



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