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Uparathi Littérature (adulte)
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Vendredi le 02 avril, 2004
Thierry Desjardins
Les éditions Plon, 2003, 265 p., 36,95 $ (18 €)
« La météo s’était trompée et Antoine Delaube était trempé. » (p. 7) Avec un nom pareil, on est sûrement prêt pour un recommencement, surtout quand les seuls concours qu’on ait gagnés jusque-là sont des concours… de circonstances! (p. 9) L’auteur, à l’image de son héros, aime les calembours et nous en fait profiter presque à chaque page. Ses phrases ont beau être longues, elles sont si bien construites et d’un tel allant, qu’on les voit défiler sans peine.
Nous rencontrons ensuite Sylvie Lancel qui, parcours cinématographique impeccable, n’a pas encore eu vraiment le temps, elle, de se poser la question du bonheur; mais elle y viendra. Au passage, le cinéma en prend pour son rhume! Un peu plus tard, ce sera le tour des journalistes et des écrivains…
Pour Philibert Joly, philatéliste, tout n’est que « jeu sérieux », puisqu’on peut être riche grâce à « un jeu d’enfants (sic) institutionnalisé en commerce fort lucratif par une poignée d’adultes au visage sérieux » (p. 61). Il est amoureux fou de Sylvie Lancel.
Qu’ont à voir ou faire ensemble ces trois personnages principaux, dans cette histoire remplie de digressions sans queue ni tête à propos de personnages « secondaires » qui n’existent pas, toute vie humaine ayant forcément valeur? Je ne vous le dirai pas, car je ne voudrais en aucun cas gâcher votre plaisir à lire ce roman aussi farfelu que divertissant.
Ce qui, d'ailleurs, n’empêche nullement les questions intelligentes. Antoine, parti à la recherche du bonheur, se les pose d’abord à Rome. Le luxe pourrait-il le rendre heureux? Quelle est la différence entre plaisir et bonheur? Peut-on réellement être heureux tout en sachant que le bonheur peut à tout moment foutre le camp? Est-il raisonnable d’abandonner son bonheur entre les mains d’autrui, surtout quand on n’a « pas d’autrui sous la main »? (p. 109)
Il s’en pose ensuite quelques-unes au Caire. Le bonheur se conjugue-t-il seulement au futur? « Une fois qu’on l’a attrapé, c’est, peut-être, fini. » (p. 132) Ou alors, uniquement au passé, bien emprisonné, enfin immuable, dans les souvenirs?
En Inde, il se demande si « les bien-pensants y ont […] bien pensé » (p. 182).
Au Cambodge, il découvre l’absurdité totale : « Ils nous vendent de l’opium pour foutre en l’air notre belle jeunesse, des diams pour faire plaisir à nos putes et en échange on leur vend notre petit matériel de guerre pour qu’ils s’entre-tuent. » (p. 236)
Le bonheur est ailleurs, croit Antoine, en passe de faire le tour du monde pour le rencontrer… Lui faudra-t-il aller jusqu’aux îles Galapagos?
Chronique de Loulou
0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément
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Uparathi effectue également, à la pige, des travaux de traduction (anglais-français), de révision et de rédaction de textes divers.
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