John Berendt; traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Brévignon
l’Archipel, 2007, 29,95 $ (22,00 €)
La description de l’incendie de l’opéra La Fenice est si bien faite qu’on sent la chaleur du feu et qu’on entend le rugissement des flammes. Des flammes, dans une ville pareille, ce sont des siècles d’histoire et de beauté qui risquent de partir en fumée… Et pour rendre compte de l’âme et de la personnalité des gens, un style beau comme la ville elle-même!
Venise en quelques chiffres : nombre d’habitants en 1951, 174 000; en 1996, 70 000; et 11 millions de touristes par année! L’auteur décrit Venise avec des détails si particuliers que la ville surgit soudain dans notre imagination d’une manière aussi concrète que fabuleuse.
Et pourtant, ce n’est pas tant Venise que les Vénitiens qui font l’objet de ce livre. C’est toute une galerie de personnages colorés qui s’offre bientôt à notre regard : Vénitiens d’adoption, magistrat intrépide, fabricant de masques ou de mort-aux-rats, souffleurs de verre… Grâce à eux, nous faisons le tour de traditions telles que carnaval et opéra, ainsi que de quelques palais fabuleux. Comme nous faisons également le tour de quelques scandales, nous avons droit à plusieurs récits en un.
Il est intéressant de suivre les querelles internes et de voir comment les relations humaines, déjà difficiles, peuvent se complexifier du fait de cultures et de traditions différentes. Ce qui est intéressant ici, c’est de connaître les divers points de vue des protagonistes.
Et en filigrane, il y a toujours l’enquête sur l’incendie de La Fenice, dont les éléments rebondissent comme dansent les flammes… Et le livre se clôt, comme il se doit, sur le premier concert qu’on y donne huit ans plus tard, alors qu’elle est enfin reconstruite; le même nombre d’années qu’a mis l’auteur à rédiger ce livre.
  
1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément
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