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Ce que votre médecin ignore
de la médecine nutritionnelle
pourrait vous être fatal***
 

Lundi le 25 juin, 2007

Ray D. Strand, M.D., en collaboration avec Donna K. Wallace
Éditions du trésor caché et Bêtalpha, 2004, 274 p., 29,95 $

L’auteur s’appuie « sur les résultats d’études faites à partir d’essais cliniques, car je sais que c’est la preuve la plus efficace disponible » (p. XIV) et nous révèle les preuves médicales qui ont su le convaincre que les suppléments vitaminiques peuvent protéger et améliorer notre santé. La première partie de son livre porte sur sa propre « conversion », provoquée par le cas de sa femme, qui l’amena à entreprendre des recherches sur les suppléments alimentaires.

L’échec de la médecine et des médicaments est un constat d’autant plus probant quand c’est un médecin qui le fait! L’industrie pharmaceutique et le corps médical dans son ensemble préfèrent guérir plutôt que prévenir, ce qui leur rapporte bien davantage, accuse l’auteur. Pour lui, une vraie médecine préventive (et non le simple dépistage précoce de la maladie) comporte trois volets : se nourrir sainement, s’inscrire à un programme d’exercice régulier et consommer des suppléments alimentaires de qualité supérieure.

L’oxygène est essentiel à la vie, voilà bien une évidence. Mais l’oxygène présente également une face cachée : il provoque l’oxydation (comme la rouille sur une voiture) par la production de radicaux libres. Voici une liste de facteurs augmentant la production de ces derniers : l’exercice excessif, le stress excessif, la pollution de l’air, la fumée de cigarette, la pollution de la nourriture et de l’air, les rayons ultraviolets du soleil, les médicaments et la radiothérapie.

Cet auteur-médecin reconnaît l’extraordinaire capacité d’autoguérison du corps : « La meilleure défense contre les maladies dégénératives chroniques est celle de notre corps, et non les médicaments que je prescris. » (P. 43) Mais, ajoute-t-il, les attaques se font si nombreuses que notre corps a besoin d’un coup de pouce pour les contrer toutes. Et c’est ici qu’intervient la médecine nutritionnelle.

Il aborde ensuite « chacune des maladies dégénératives chroniques pour bien comprendre la meilleure façon de les prévenir. » (P. 50) : les maladies du cœur, le cancer, les problèmes oculaires, les maladies auto-immunes, l’arthrite et l’ostéoporose, les maladies pulmonaires, les maladies neurodégénératives, le diabète, la fatigue chronique et la fibromyalgie.

En ce qui concerne le cœur, le grand coupable n’est pas, comme on le croit généralement, le cholestérol, mais l’inflammation des vaisseaux sanguins. Et qu’est-ce qui réduit ou élimine cette inflammation? Les suppléments nutritionnels (essentiellement les antioxydants).

Quel est maintenant le dénominateur commun des substances cancérigènes? Elles augmentent le niveau de stress oxydatif. Et quelle est la source principale d’antioxydants : les fruits et les légumes — au moins sept portions par jour. « Les suppléments nutritionnels ne font pas qu’aider à prévenir le cancer, mais peuvent aussi augmenter l’efficacité de la chimiothérapie et de la radiation. » (P. 103)

Les radicaux libres sont également responsables des cataractes et de la dégénérescence maculaire. Ici aussi, les antioxydants sont la réponse. « Plusieurs études ont documenté le fait que la cause sous-jacente des maladies auto-immunes [le système immunitaire s’en prend à lui-même] est le stress oxydatif. » (P. 129) Les études les plus récentes confirment que toutes ces maladies sont le résultat du stress oxydatif.

Le médecin se montre prudent et ne recommande pas un supplément nutritionnel sans que des études sérieuses aient démontré son efficacité. Il fait également plusieurs mises en garde contre l’inefficacité ou – pire – la nocivité de plusieurs médicaments… et, dans bien des cas, la mauvaise foi de l’industrie pharmaceutique. Malgré l’illustration des théories avancées par plusieurs cas concrets, cela devient répétitif. Il faut toutefois absolument lire le chapitre consacré au diabète, car la « prévention » est ici particulièrement importante et tout à fait possible.

Enfin, après avoir fait le tour de ces maladies, nous abordons la troisième partie, qui porte sur la médecine nutritionnelle. Ayant lui-même partagé, au début de sa pratique, les préjugés de ses collègues envers les suppléments nutritionnels, l’auteur peut facilement nous en parler et, ainsi, contrer également les nôtres.

L’industrie agricole est sujette aux mêmes turpitudes que l’industrie pharmaceutique : le profit est plus important que la qualité nutritionnelle des produits récoltés. Par exemple, « le processus de raffinage de la farine utilisée à la fabrication du pain blanc en élimine plus de 23 nutriments essentiels […] Notre industrie alimentaire ajoute ensuite huit de ces nutriments au pain et le qualifie d’“enrichi”. » (P. 219)

Dans ce cas, les apports quotidiens recommandés (AQR) américains ne sauraient suffire : « Vous devez consommer des quantités plus qu’appréciables d’antioxydants et de minéraux de qualité supérieure si vous désirez prévenir ou ralentir toute maladie dégénérative chronique décrite dans le présent livre » (p. 222), affirme l’auteur.

Une telle consommation présente-t-elle des dangers? « Lorsqu’ils sont utilisés correctement, les antioxydants ne comportent aucun risque. […] les suppléments nutritionnels peuvent être toxiques s’ils sont absorbés en quantités excessives. » (P. 224-225) Suit la liste des effets négatifs de surdose de plusieurs suppléments nutritionnels. L’auteur réagit ensuite à des études négatives sur l’absorption de suppléments nutritionnels et explique leur échec. Toutefois, ses recommandations « de base » me laissent pantoise : deux pages – rien que ça!

Le docteur Strand offre des consultations nutritionnelles individuelles par courrier électronique. (Son site...) Les quelques conseils qu’il prodigue ici quant au choix des « bons » suppléments nutritionnels sont, à mon sens, insuffisants et par conséquent difficiles à suivre. Soyons-lui reconnaissants, toutefois, de ne pas profiter de l’occasion pour vendre l’une ou l’autre marque!

Malheureusement, le livre ne répond pas à cette ultime question : à partir de quoi fabrique-t-on ces suppléments nutritionnels? Doit-on utiliser des extraits de kilos de plantes pour fabriquer un seul comprimé? Ce qui ne manquerait pas d’épuiser les ressources terrestres à plus ou moins brève échéance, et ce, au seul profit des nantis pouvant se les offrir… Ou alors, sont-ils fabriqués synthétiquement? Auquel cas, ils ne sont pas naturels!

Dans pareil domaine, la théorie et même le témoignage des autres semblent insuffisants; essayer me semble une meilleure solution. Alors ma foi, je vous en reparlerai peut-être…



1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément

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