France Guillain Éditions Jouvence, 2005, coll. Pratiques, 96 p., format 10,5 x 17,5, 4,90 €
En effet, ce n’est pas cher, car si un chiffre représente un prix, nous dit l’auteure, il est aussi un coût (conséquences écologiques, énergétiques et sociales), un revenu (c’est-à-dire un salaire équitable) et une valeur (respect de l’environnement, de l’autre, de soi).
Elle recommande de ne pas se fier aux prix des aliments biologiques des grandes surfaces, souvent supérieurs à ceux des coopératives. Encore faut-il les trouver, ces fameuses coopératives! (Les adresses fournies à la fin du petit livre s’adressent aux Français.) J'ai trouvé pour vous, sur le site d’Équiterre, un répertoire de produits équitables au détail (souvent, ils sont également biologiques, autant faire d'une pierre deux coups!) Ainsi qu'un répertoire de détaillants biologiques à cette adresse.
Une étude démontre que les produits bio contiennent jusqu’à 30 % de nutriments de plus que les produits de l’agriculture raisonnée, qui ne fait pourtant que réduire le taux d’engrais chimiques et de pesticides qu’elle utilise! Alors, imaginez l’agriculture industrielle!
Voici une note de bas de page qui m’a donné la chair de poule : « Le lindane a servi au Vietnam à exfolier les forêts. Au moins trois générations de femmes en paient les lourdes conséquences d’avortements et de bébés nés mal formés! Gérard Pouradier et Fabien Perruca signalent la présence de lindane en France (interdit dans les pays nordiques) dans les pesticides, appliqués aux pommes Golden destinées aux petits pots pour bébés (in Des poubelles dans nos assiettes, Ed J’ai Lu, 1997). » (p. 29)
Manger bio, nous dit encore l’auteure, c’est surtout manger autrement! C’est-à-dire moins de produits animaux, plus de végétaux; des produits frais plutôt que des conserves. « Sachez qu’il faut 17 kg de céréales pour produire un kilo de viande. Or, on nourrit plus de monde avec 17 kg de céréales qu’avec un kilo de viande! Manger bio, c’est le seul moyen de nourrir toute la planète. » (p. 39)
Sans verser dans l’intégrisme alimentaire, l’auteure donne des conseils avisés : mastiquer; pour les boissons, préférer l’eau; ne pas réchauffer les restes, ce qui dévitalise les aliments; accorder la plus petite place possible aux laitages et aux fromages et jamais dans un repas contenant viande ou poisson, car « l’ostéoporose n’est reine que dans les pays grands consommateurs de produits laitiers! » (p. 63)
Voici une remarque fort pertinente, à mon avis, concernant une autre mode : « Une génération tellement habituée aux médicaments qu’elle croit se nourrir bio en se gavant de compléments alimentaires sous forme de gélules, de poudres et autres comprimés. Comme s’il était possible de remplacer les vrais bons aliments par des capsules! » (p. 67) Autre forme, en fait, d’exploitation de notre crédibilité…
Le chapitre 4 est consacré à quelques recettes simples; et le dernier, aux achats. Pour sa part, l’auteure n’hésite pas à acheter légumes et fruits tropicaux, contrairement à d'autres qui préconisent de manger des produits locaux. Elle fait également état de ce qu’il vaut mieux ne pas acheter…
Un tout petit livre, mais qui fait beaucoup de bien!