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Uparathi Littérature (adulte)
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Jeudi le 26 août, 2004
Ram Dass, préface de Gilles Farcet; traduit de l’anglais par Nathalie Grosrey; titre original : Still Here, 2000; en couverture : photographie de Lisa Law.dr
Le Relié, 2002, 232 p., 29,95 $ (15 €)
L’objet du livre est clairement exprimé dès le début : (…) « comment aborder le vieillissement (…) en disciple de la vie, apte à se soumettre de bonne grâce à la vérité de l’impermanence. » (p. 11)
Ram Dass en a achevé l’écriture après une attaque cérébrale massive qui l’a laissé en bonne partie paralysé. A commencé alors un autre chapitre de sa vie, une autre avenue de sagesse : (…) « guérir ne veut pas dire revenir à un état antérieur, mais plutôt permettre à ce qui est maintenant de nous rapprocher de Dieu. » (p. 22) De la même manière, « les désagréments liés à l’âge (…) peuvent contribuer à notre guérison spirituelle à condition que nous acceptions d’apprendre à voir autrement. » (p. 22)
Pour illustrer ses propos, il donne de nombreux exemples concrets, raconte histoires et anecdotes, s’implique personnellement, et toujours avec humilité; ainsi qu’avec simplicité et humour, humanité autant que sagesse — cette seule qualité à même de croître avec l’âge! Il fait bon réfléchir à ses côtés.
Il passe en revue nos diverses peurs quant à la vieillesse : sénilité, solitude, gêne, impuissance, perte du rôle social, etc., et offre des façons de les résoudre; dont s’identifier à l’âme plutôt qu’à l’ego et découvrir que si l’ici maintenant offre tant de paix, c’est qu’il permet de comprendre que celle-là « n’est pas à la recherche de sens. » (p. 64) Tout comme la rose, elle se contente d’être!
Pour contrer la peur, il recommande de constamment rechercher la vérité et de vérifier le contenu de notre mental, qui a tendance à induire la panique. Le rétablissement est le fait du corps, mais la guérison, celui de l’âme, qui accueille la situation présente pour épanouir la dimension spirituelle. Il ne s’agit pourtant pas de rien rejeter; mais bien au contraire, d’honorer notre trinité : car le corps constitue un temple précieux et l’ego, le canal par lequel l’âme effectue son apprentissage.
Au fond, nous passons notre vie à mourir à une étape… pour renaître à une autre. La souffrance survient quand on s’accroche à ce qui n’est plus; la joie, lorsqu’on réussit à en faire le deuil et qu’on s’ouvre pleinement à ce qui est maintenant. Il en est ainsi, entre autres, au moment de l’inévitable baisse (et non l’extinction!) de la libido, qui offre une occasion d’entrer en relation par une autre porte que celle du désir.
Personnellement, la leçon de la dépendance, sujet que Ram Dass aborde également, m’a été servie il y a quelques années. Après une chute de cheval qui m’avait fracturé la colonne vertébrale, je suis restée trois semaines à l’hôpital allongée sur le dos sans bouger. Contrairement à ce que j’avais cru, ma dépendance aux autres n’a pas été un poids; elle m’a permis au contraire d’apprécier la très grande bonté des gens qui m’entouraient – de parfaits inconnus, pourtant! – et de prêter une oreille attentive à mes visiteurs – j’avais tout mon temps! Évidemment, je savais que ça n’allait durer que trois semaines. Leçon sans doute facile, mais tout de même extrêmement profitable : car je sais maintenant que tout dépend de mon attitude!
Je goûte particulièrement celle que l’auteur recommande par rapport au chagrin : acceptation et accueil. De toute façon il passera; mais d’autant plus facilement – et sereinement – que nous l’aurons d’abord embrassé; plutôt que de chercher à nous en débarrasser au plus vite, ce qui a au contraire tendance à le cristalliser et à le durcir en nous. C’est d’autant plus important que des pertes de plus en plus nombreuses jalonnent le vieillissement.
Voici à quoi, au fond, se résume la sagesse : cesser de vouloir que les choses soient comme nous voudrions qu’elles soient et les accepter comme elles sont. Le plus grand obstacle étant donc de vouloir contrôler le changement.
Un exercice tout simple – et d’une belle efficacité – pour apprendre à vivre au présent consiste à faire une seule chose à la fois et à ne penser qu’à elle. Attention! Simple n’est nullement synonyme de facile… Il n'y a qu'à essayer pour le constater!
Des multiples anecdotes racontées dans ce livre, j’ai envie de partager celle-ci, cueillie dans le très beau chapitre consacré à la mort : (…) « un étudiant du bouddhisme zen demande à son maître ce qui se produit après la mort.
« Je ne sais pas, répond le maître en souriant.
— Vous ne savez pas? Mais vous êtes maître zen!
— Oui, mais je ne suis pas un maître zen défunt. » (p. 171)
Une lecture à la fois apaisante et rassurante!
Chronique de Loulou
0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément
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Uparathi effectue également, à la pige, des travaux de traduction (anglais-français), de révision et de rédaction de textes divers.
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