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Uparathi Littérature (adulte)
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Samedi le 02 juillet, 2005
Chantal Calatayud
Jouvence éditions, 2004, collection Pratiques, 96 p., 4,90 €
La couverture est trompeuse, qui annonce une légèreté de ton absente du propos très sérieux adopté par l’auteure, psychanalyste de formation philosophique et linguistique. Propos éminemment freudien, analytique, cherchant la petite bête – non sans ironie, d’ailleurs. Après un démarrage un peu rébarbatif, Mme Calatayud nous permet de reprendre souffle grâce à la résilience, cette heureuse surprise : « le négatif masque, invariablement et sans exception, le positif car l’inconscient possède, malgré tout, un certain sens de l’équilibre, c’est-à-dire qu’une fonction déficiente se trouve toujours compensée par une autre fonction, qui va s’exercer deux fois plus efficacement dans l’existence. » (p. 16) Et l’exemple qu’elle en donne… est à vous jeter par terre! Les « miracles » ont beau être monnaie courante, ils m’impressionnent toujours autant!
À travers les drames parfois horribles qu’elle raconte, je me raccroche à ceci : « apprendre à vivre avec soi exige, avant tout, d’être en paix » (p. 23)! C’est très intelligemment, avec abondance d’exemples, que Mme Calatayud nous amène, pas à pas, vers une transformation sereine de nos potentialités.
Mine de rien, et après certains détours psychanalytiques bien sentis, elle assène quelques vérités qui font beaucoup de bien : « se libérer du regard de l’autre consiste à évoluer ici et maintenant. » — « S’aimer tel que l’on est consiste, avant tout, à faire du présent le seul atout disponible pour s’accepter. » (p. 30) Et encore : « se détacher du regard de l’autre (…) passe par la nécessité d’aimer ce que certains cherchent à nous faire authentifier tels des handicaps! » (p. 31) J’aime particulièrement la question suivante : « et si tous nos handicaps constituaient une chance de plus? » (p. 34)
Elle oscille constamment entre les tortuosités d’un langage hermétique, rébarbatif et la simplicité de quelques belles évidences salutaires. Ses raccourcis sont-ils trop abrupts? Les liens entre pensée et conclusion ne m’apparaissent pas toujours évidents.
Cette remarque de l’auteure m’a fortement sollicitée : « S’accepter tel que l’on est consiste, avant toute chose, à ne pas oublier l’enfant que nous avons été; il a plus à nous apprendre sur nous qu’aucun maître à penser ne pourra jamais le faire. » (p. 78-79) Après l’avoir relue quelques fois, son importance m’est apparue, mais différemment de mes perceptions précédentes par rapport à ce concept : enfant, j’étais déjà; je; indépendamment des parents, du contexte, de l’époque, du milieu...
Finalement, même si le mot n’est jamais écrit, il demeure en filigrane de toute véritable solution : « observer nos comportements devient l’atout majeur que nous avons à notre disposition tout au long de la journée pour améliorer ce qui ne va pas. » (p. 90) Je le lirai pourtant, ce fameux mot, cinq pages plus loin : « S’accepter tel que l’on est revient quoi qu’il en soit à prendre conscience (c’est moi qui souligne) et à garder à l’esprit que notre existence est un immense jeu de construction dont nous possédons toutes les pièces, mais dans le désordre. » (p. 95)
Ce qui m’a fait penser à un texte que j’ai écrit en 1991; je ne résiste pas au plaisir de le partager avec vous… Le voici donc :
Le casse-tête
Chacun de nous est tel un morceau de casse-tête.
Il ne sert à rien de le mutiler, le redessiner ou le recolorier; ni ce morceau ni un autre. Et si je l’ai fait déjà, il me faut alors simplement le nettoyer, afin de redécouvrir le dessin original.
Il ne sert à rien non plus de forcer sa place; les contorsions sont inutilement douloureuses. Il ne sert à rien de vouloir à tout prix être ici ou là, à côté de ce morceau ou au-dessus de celui-là. Il n’y a pas une place meilleure qu’une autre, ou plus prestigieuse, ou plus enviable, ou plus spirituelle; il n’y a pas une place parfaite. Il n’y a qu’une place : la nôtre. Il ne sert à rien non plus de comparer les morceaux les uns aux autres; qu’importent leurs différentes grosseurs, leurs multiples formes et leurs couleurs variées, quand je sais que chacun est également nécessaire à l’ensemble.
Et il ne sert à rien d’avoir peur : ma place ne peut être volée, car elle ne convient qu’à moi seule; et je ne peux faillir à la reconnaître, car elle me correspond parfaitement; et je suis sûre de la trouver, car j’ai le temps pour allié.
Il ne reste plus qu’à jouer : c’est-à-dire être pleinement qui je suis et m’expérimenter à divers endroits. La meilleure façon pour moi d’aider chacun à trouver sa place, c’est encore de trouver la mienne… Et puis, quand je l’ai trouvée, je n’ai plus qu’à y être; et j’y suis bien : sans efforts et dans l’harmonie. Mes contours individuels se fondent aux morceaux qui m’entourent; en perdant ces limites, je participe à un ensemble dont le sens global révèle et met en valeur chaque partie. Je sais enfin qui je suis et je connais Dieu.
Je suis un morceau de casse-tête.
Je suis une partie du tout.
Je suis une parcelle du Divin.
Et la Vie est un Jeu.
Voilà!
Chronique de Loulou
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Uparathi effectue également, à la pige, des travaux de traduction (anglais-français), de révision et de rédaction de textes divers.
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