Dès la préface, la beauté de l’écriture nous ravit; ainsi que l’intention simple et claire de l’auteure : « J’écris au fur et à mesure du passage des événements, juste là, dans la béance du sillon toujours chaud, quand personne n’a encore marché dedans. […] Je cherche à habiter cet espace qui se trouve entre l’apparence des choses et leur vérité profonde […] Je suis à l’affût du minuscule pour témoigner de sa grandeur ». (p. 9-10)
L’ouvrage suit les saisons, jusqu’au dernier livre, celui d’après l’hiver… C’est presque d’un cœur craintif que j’ai abordé le premier texte, la barre était déjà tellement haute! J’ai eu l’impression de cueillir un bouquet de fleurs : les couleurs, les formes, les odeurs surprennent par leur diversité, pendant que des constantes s’imposent : le charme et la beauté, la profondeur et la simplicité — bien que tous les instants minuscules ne soient pas de même valeur.
Les textes ne font pas plus d’une page ou deux. Mais chacun laisse une empreinte; légère, mais indélébile. De temps à autre, un texte en italique permet à autre chose de s’exprimer : un rocher, un oreiller, une paire de lunettes, une chaîne en or, une mésange… On trouve ici des réflexions — ou des sentiments — sur la paix, l’absence, la mort…
Les titres de ces petits morceaux, admirablement choisis, annoncent à peine le thème, le gardent souvent secret. Dommage que l’auteure ait répété quelques situations, qu’on devine alors, ce qui rompt quelque peu le charme. Par contre, on aime bien retrouver la-petite-fille-d’en-face et ses nombreux « pourquoi », aussi charmants qu’exaspérants… C’est quoi, exaspérant? (p. 95) D’autres instants tout aussi charmants nous sont donnés par les espiègleries d’un écureuil...