Jeudi le 28 décembre, 2006 |
Francine Lamy
Les Éditions de l’Homme, 2006, 128 p., 16,95 $
Pour tenir compte de la difficulté de concentration des personnes en dépression – et elle parle d’expérience —, l’auteure a surligné en gris les passages livrant l’essentiel de son propos. C’est faire preuve à la fois de compréhension et de respect de ses lecteurs!
D’emblée, elle s’apprête à poser les vraies questions. Par exemple : « Se pourrait-il que le suicide ne mette fin qu’au corps physique et n’interrompe rien d’autre, ni l’existence d’un individu ni sa souffrance? » (P. 13) Et encore : « Peut-être le phénomène dépressif est-il là pour nous rappeler certains besoins humains incontournables que nous négligeons dans notre société actuelle? » (P. 14) Surtout, nous encourage l’auteure dès l’introduction, « souvent […], la dépression est évoquée après coup comme une expérience initiatique, douloureuse au moment de la bataille, mais aboutissant souvent à une meilleure appréciation de la vie, à des choix plus judicieux et au sentiment d’être enfin arrivé à l’essentiel en soi. » (P. 15-16)
Sur le suicide, l’auteure rapporte le même type de conclusion dont nous avons déjà parlé dans L’ultime choix*** : une âme tourmentée dans la vie reste une âme tourmentée dans l’après-vie, « mais avec des complications en plus. » (P. 22) Elle y parvient à l’aide de certains témoignages, mais surtout, d’une réflexion sensée.
Une fois de plus, la meilleure prévention de la dépression (ou de n’importe quoi d’autre, en fait) me semble être… la conscience : « Le plus souvent, sans qu’on s’en rende compte ou qu’on en prenne la réelle mesure, certains éléments de notre vie nous minent depuis longtemps et sont bloqués justement parce qu’on ne les conscientise pas, donc que l’on ne s’y attaque pas vraiment. » (P. 37)
Quant aux causes de la dépression, elles sont mal connues. Mais une partie de la réponse pourrait bien se trouver dans les agressions de la modernité qui tendent, entre autres, à nous couper de notre sens spirituel. Les traitements recommandés ici : médication et psychothérapie. J’oserais ajouter : la méditation!
Le chapitre 8 s’adresse à l’entourage de la personne dépressive et offre des conseils de respect autant de l’un que de l’autre. Les mots d’ordre sont ici « patience » et « indulgence ». Le chapitre 10 offre des « trucs » simples et concrets qu’on peut aisément mettre en œuvre pour se venir en aide à soi-même… qu’on soit dépressif ou simplement anxieux.
En conclusion la dépression — tout comme bien d’autres maux — peut s’avérer un mal pour un bien : « La dépression amène une plus grande conscience de soi tout comme la maladie physique amène une plus grande conscience du corps. » (P. 113-114) Une bibliographie complète l’ouvrage, pratique, sensé et déculpabilisant à tous les points de vue. Les explications de l’auteure — pédagogue née — sont claires, et ses exemples probants.
Chronique de Loulou
1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément
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