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Uparathi Littérature (adulte)
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Vendredi le 31 décembre, 2004
Collectif regroupant 9 auteurs canadiens, 7 suisses et 1 français
Textes réunis par Monique Bertoli; tableaux de Pierre-Antoine Bertoli
Les Éditions du Vermillon, 2004, 252 p., 20 $
Dans Maupiti (Nicole Balvay-Haillot), la brève rencontre d’une femme permet à une autre de se reprendre en main. Il y a là un constat tout simple, qu’en général on n’ose pas faire par crainte d’être taxé de cruauté : « — Et vos enfants? — Nous nous retrouvons à chaque retour à Los Angeles, où habite ma fille aînée. C’est elle qui vend mes toiles. J’ai ma vie, eux la leur. Je n’ai pas besoin d’eux; ils n’ont pas besoin de moi. Je suis heureuse et eux aussi. Du moins, je le pense. » (p. 23)
Pierre-Antoine Bertoli (Les statuettes de l’Île de Pâques) nous parle, dans un style un peu emprunté, de discernement : reconnaître et accepter « le moment (…) de passer le relais pour permettre d’aller plus loin, une qualité si rare et si précieuse quand il s’agit des choses de la vie, des mystères de l’âme. » (p. 41) C’est tout le contraire chez Claire Boulé (Les îles flottantes), qui pratique une écriture du quotidien, vive et concrète.
Lysette Brochu, notre collègue de Planète Québec, livre ici une fine et brève nouvelle (à peine deux pages) concernant un peintre et ses coups de pinceau, qui ne sont certainement pas des Coups de hasard… Une bien jolie surprise!
Du texte Jour d’avril à Palerme (Corinne Desarzens), je retiens cette anecdote troublante : « Une princesse de l’Inde, Hanburi je crois, n’a eu le droit de ne sauver qu’un des trois hommes alignés devant elle. Son mari, son frère, son fils. Elle n’a pas choisi son mari, parce qu’il ne pouvait connaître la petite fille qu’elle avait été. Ni son fils, qui rêvait déjà au futur qu’elle ne verrait pas. Mais son frère, avec qui elle pourrait parler de leur enfance. » (p. 96)
Le principe d’incertitude (Julien Dunilac), en raison de son effet dramatique inattendu, est frappant… Jacques Flamand (La cicatrice) maîtrise mal les dialogues, peu naturels; les tirets sont parfois trompeurs pour indiquer les changements d’interlocuteur…
Dans Le médaillon (Jacqueline Goyette), il y a une bien jolie coquille; on a écrit « aumourd’hui »; comme pour signifier l’amour de ce jour de retrouvailles… Les Cicatrices sur le rivage (Édith Habersaat) ont la finesse d’un poème de dentelle…
Le style de Didier Leclair (En attendant Hemingway) est quelque peu ampoulé : (…) « un prospecteur d’âme, un mineur qui scrute ses concitoyens pour en y (sic) extraire l’étrangeté » (p. 149)… Nadine Mabille nous sert deux bien jolies Rencontres au parking, côté ombre, côté lumière…
Maya Ombasic ajoute au hasard une note de mystère intemporelle dans Les tableaux des horloges déformées. Jean-François Somain nous en sert une très drôle concernant la frontière entre le Québec et l’Ontario, dans Des choses qui arrivent.
Jacqueline Thévoz réussit un très bel exercice de style avec Le dernier jour de Tounèque Hasard, jouant à l'envi autant avec le mot qu’avec le concept et lui accolant une finale bien de mon goût… J’aime le style de Jean-Louis Trudel (Les branches cassées du hasard), qui a de bien belles expressions; celle-ci, par exemple : « Les erreurs guérissent de l’ignorance »… (p. 208)
Il y a encore une nouvelle de François Debluë (Signes), et d'Yvette Z'Graggen (Hasard, destin, karma ou nécessité)
Chronique de Loulou
0 Au secours, 1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément
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Uparathi effectue également, à la pige, des travaux de traduction (anglais-français), de révision et de rédaction de textes divers.
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