Jeudi le 31 mai, 2007 |
Josée Drouin-Brisebois
Musée des beaux-arts du Canada, 2005, 134 p., 55 $
(Les Américains. Logement hors base, 1999, huile sur toile, 101,6 x 127 cm. Collection Donald R. Sobey) Christopher Pratt adopte souvent des points de vue inusités. Par exemple, dans Chalet (1973), nous voyons la mer à partir de la galerie couverte, comme si nous y étions assis.
« Les œuvres sobres et dépouillées de Pratt dans les années 1960 et 1970 ouvrèrent (sic) la voie à l’avènement du courant appelé « nouvelle figurative » dans la peinture canadienne » (p. 12), écrit son ami de longue date, Jeffrey Spalding, directeur de l’Art Gallery of Nova Scotia. Son analyse nous fait découvrir et mieux voir certaines caractéristiques et symboliques de l’œuvre de Pratt. (Bien que je trouve qu’il pousse parfois un peu loin; d’autant plus que les explications de Pratt lui-même, lors de la visite de l’exposition présentée par le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), étaient des plus simples.)
(Hiver à Whiteway, 2004, huile sur toile, 203,2 x 203,2 cm. Collection W.J. Wyatt) Josée Drouin-Brisebois, conservatrice adjointe, Art contemporain canadien, Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), propose un regard politique sur l’œuvre de Pratt, bien que l’artiste lui-même n’assimile pas ses tableaux à des prises de position explicitement sociologiques. Pour saisir la dimension politique de l’œuvre de Pratt, l’auteure se reporte aux faits saillants de l’histoire de Terre-Neuve, puisque c’est cet environnement que peint l’artiste, qui vit toujours sur sa terre d’origine. Une histoire extrêmement intéressante!
Elle souligne à son tour les caractéristiques des images de Pratt : planéité de la surface, artifices de cadrage, propriétés de la couleur, prise des mesures, précision, tension entre représentation et abstraction… Et le sens politique se dessine peu à peu, dans certains tableaux qui rappellent la mauvaise gestion confédératrice de l’île, par exemple.
(L’intérieur d’un hangar à sel, 1988, huile sur toile, 137,2 x 264,2 cm. Collection particulière.) Enfin, l’artiste Barbara Dytnerska, agente d’éducation au MBAC, s’entretient avec Christopher Pratt. Il dit… Le concept d’isolement (une île est une île!) est une notion centrale de son œuvre. La plupart des intérieurs qu’il a peints sont le souvenir d’incidents survenus dans sa vie. Il croit aux coïncidences… Ses intérieurs ne sont pas vides, puisqu’il s’y trouve en tant que fantôme… Il aime conduire… La composition et le design sont le squelette de son œuvre; la lumière en est la chair et le sang.
Suivent une chronologie avec photos (s’il n’aimait pas les voyages, il aimait les courses en voilier!), une liste d’expositions, la bibliographie et, enfin, la liste des œuvres.
Laissons-lui le dernier mot : « Le don le plus précieux que nous ayons est celui de notre propre conscience ». (P. 97)
Le catalogue accompagne l'exposition Christopher Pratt, au MNBAQ jusqu’au 26 août 2007
1 Pas du tout, 2 Un peu
3 Assez, 4 Beaucoup, 5 Passionnément
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