Jeudi le 08 mars, 2007 |
Pour une gestion sereine de la souffrance
Claude Leclerc, Ph. D.
Les Éditions du Roseau, 2006, 192 pages, 19,95 $
Ce livre se veut une sorte de guide pratique pour nous enseigner « comment souffrir ». Si nous ne le savons pas, c’est qu’essentiellement, nous refusons la souffrance. Il nous faut donc adopter d’abord une vision réaliste : la douleur et la souffrance font et feront toujours partie de la vie. Notre peur de souffrir est donc non seulement inutile, elle constitue une souffrance en elle-même. L’auteur consacre un chapitre très intéressant à l’angoisse existentielle, à la base de toutes nos peurs… et, du même coup, de toutes les possibilités de libération.
Trois ingrédients constituent la véritable acceptation (qui n’est pas résignation) : (1) Objectiver l’état inconfortable. (2) Ne porter aucun jugement sur la souffrance ou l’inconfort. (3) Accueillir avec bienveillance ce qui est observé, comme un ami et non un ennemi. L’auteur détaille ensuite dix règles d’apprentissage prenant le corps pour appui, car celui-ci manifeste clairement la souffrance et offre par conséquent le chemin de sa résolution.
Il étudie ensuite les trois émotions de base (ces « voiles sur la réalité ») constituant l’essentiel de nos souffrances : la colère, la tristesse et la peur. Pour être vécues sainement, ces émotions ne doivent être ni refoulées ni exprimées, mais simplement ressenties consciemment, accueillies pour ce qu’elles sont sous la forme de sensations physiques.
Toute expérience est vécue à trois niveaux – et dans cet ordre : mental, émotif, physique. De là l’importance, d’abord et avant tout, de bien gérer les pensées, qui sont à l’origine de la souffrance. Se centrer sur les sensations physiques, c’est court-cicuiter les pensées et cesser de jeter de l’huile sur le feu. Il s’agit ici de regarder les pensées comme des pensées et non comme des réalités.
Après avoir expliqué sans peine la complexité de nos non-relations (deux ego ne sauraient être dans une relation authentique), l’auteur nous offre sept règles. Aborder l’autre – et soi-même – non avec la tête, mais avec le cœur pourrait fort bien résumer le processus; mais il est bon de détenir des outils concrets et pratiques pour y arriver.
Les mêmes règles s’appliquent à la douleur physique, que l’on peut ainsi réduire de beaucoup, la plus grande partie de la douleur étant constituée de résistance. La précision suivante rejoint ma pensée : « Ce ne sont pas les tranquillisants qui sont la véritable solution à la douleur ou à la souffrance. Ces drogues ne font qu’amortir la conscience et rapprocher l’homme du règne végétal. C’est la connaissance de soi. C’est la réalisation de l’Être spirituel, le véritable substrat du corps physique et de la douleur. » (P. 138) Devenir de plus en plus conscient, c’est souffrir de moins en moins; et pour s’ouvrir à la conscience, trois conditions sont essentielles : être présent, ne pas réagir, accepter de ne pas comprendre.
L’auteur recommande donc, comme exercices de base, la pratique à la présence, qui favorise la paix intérieure. Il propose ensuite 14 techniques de méditation pour nous tenir en forme spirituellement - l’une ou l’autre devrait vous correspondre. Il suggère également de très bons exercices de visualisation qu’on peut enregistrer, des exercices à la fois très agréables et d’une grande efficacité.
Ainsi apprivoisée, la souffrance peut retrouver sa noble fonction : nous faire évoluer.
Ce livre m’apparaît important et extrêmement bien fait. Ma seule réticence : un chapitre approfondit la relation entre notre personnalité et notre façon de souffrir à l’aide de l’ennéagramme, un système qui divise les êtres humains en neuf types. J’avoue avoir une dent contre ces techniques, que je trouve plutôt réductrices; de toute façon, on finit toujours par se retrouver un peu partout…
Chronique de Loulou
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