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Uparathi Littérature (adulte)
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Lundi le 09 mai, 2005
Art et philosophie, histoire et actualité
Sous la direction de Kevin Trainor
Sélection du Reader’s Digest, 2002, 258 p., 49,95 $
Ce livre est bel et bien, tel que l’annonce la quatrième de couverture, « une encyclopédie illustrée du bouddhisme ». Glossaire, bibliographie et index complètent l’impressionnant ouvrage, qui s’ouvre sur une première photographie tout à fait extraordinaire : le visage de Bouddha sculpté dans les racines hors terre d’un arbre gigantesque.
Le livre en contient évidemment bien d’autres : illustrations, iconographies, photographies abondent et enchantent l’œil autant que les textes satisfont la curiosité intellectuelle. Plusieurs chapitres se terminent par quelques pages consacrées à l’art et à l’architecture.
Comme les textes proviennent de divers auteurs, il y a bien quelques recoupements, mais rien pour agacer. L’ouvrage se découpe en quatre parties, qui offrent beaucoup plus qu’un survol de cette philosophie originaire de l’Inde.
Les origines. La première triste réalité historique que nous rencontrons est celle des classes sociales fortement hiérarchisées. Certaines interprétations du karma semblent parfois justifier de bien tristes comportements. C’est vers la moitié du deuxième millénaire av. J.-C. que la « doctrine du karma, ou causalité morale, devint un pivot essentiel de l’hindouisme ou du bouddhisme » (p. 20). Le but, ici, n’est pas de se réincarner mais, bien au contraire, de mettre fin à la roue des réincarnations pour réintégrer le Brahmane, principe suprême universel; le moyen par excellence pour y parvenir étant le yoga.
Les femmes étaient sujettes à l’autorité d’un homme tout au long de leur vie : d’abord le père, puis le mari, enfin les fils! Même le Bouddha se fera tirer l’oreille avant d’accepter de créer un ordre de moniales… L’un des premiers changements qu’il apporte consiste dans la négation de l’efficacité des sacrifices, alors au cœur de la religion védique. Le chapitre 2 de cette première partie se consacre à sa biographie.
Principes et pratiques. Tout comme les épisodes de la vie du Christ, ceux de la vie du Bouddha… sont les nôtres : prises de conscience jalonnant tout cheminement de vie. Toutefois, ici comme ailleurs, on trouve un ensemble de croyances qui ne semblent pas étayées. Les bouddhistes, par exemple, croient à six mondes d’existence dans lesquels il est possible – et pas toujours souhaitable! – de renaître.
Le Bouddha est le révélateur des Quatre Nobles Vérités : (1) la souffrance et son point d’origine; (2) le désir, dont la philosophie bouddhiste distingue principalement celui des plaisirs sensuels, celui de renaître et, forme subtile de désir ultime… celui de ne plus renaître! Antidote : (3) le détachement. La Quatrième Noble Vérité élimine le désir; c’est celle du Noble Chemin Octuple nous libérant de la souffrance par la « justesse » de la vision et de la pensée (sagesse); de l’effort, de l’attention et de la concentration (méditation); de la parole, de l’action et des moyens d’existence (éthique, dont les Cinq Préceptes sont ne pas tuer — de là le végétarisme —, ne pas voler, ne pas commettre d’adultère, ne pas mentir, ne pas s’enivrer — pour ne pas diminuer la conscience). Un chemin qui demande à être longuement foulé…
Le Bouddha rejette deux idées essentielles à d’autres religions, celle de Dieu et celle de l’âme immortelle, toutes deux « projection de l’esprit humain mû par le désir de sa quête de sécurité et d’éternité. » (p. 70) Les diverses techniques de méditation ont pour but de nous amener dans un état de « claire compréhension ». D’ailleurs, à elle seule, la description des quatre dhyanas (ou états d’absorption correspondant au monde dénué de désir) constitue un appel des plus alléchant à la méditation!
Une seule école bouddhiste a subsisté jusqu’à aujourd’hui : le Theravâda. Un trait caractéristique des pays modelés par cet enseignement est l’alliance étroite entre le Sangha (la communauté religieuse) et l’État. Le Tibet a poussé cette alliance au maximum, qui offre « le seul exemple dans le monde bouddhiste où le Sangha assuma le pouvoir séculier. » (p. 170) Il faut dire qu’au début du XXe siècle, le quart de la population tibétaine se composait… de moines! La distinction entre les idéaux et les usages respectifs du Sangha et des laïcs tend aujourd’hui à s’estomper; ces derniers, par exemple, pratiquent de plus en plus la méditation, dont c’était autrefois le seul apanage des moines.
Il est intéressant de constater certains glissements; entre autres, et malgré la mise en garde du Bouddha à ce sujet, les discussions de détail abondent… Ici comme dans notre propre tradition, on interprète différemment les enseignements originaux, au fur et à mesure de leur expansion dans le temps et dans le monde. L’ouverture, toutefois, y apparaît plus grande : « Premier ordre bouddhiste à avoir permis à son clergé de se marier, le Jôdoshin reste l’organisme religieux le plus important du Japon actuel. » (p. 147)
Quant au bouddhisme zen, il « se caractérise par une intense pratique de la méditation ainsi qu’un style d’enseignement souvent imprévisible et plutôt irrévérencieux. » (p. 150) Les moines zen méditent jusqu’à sept heures par jour! Ici aussi, les écoles divergent d’opinion. Pour ma part, je retiens surtout ceci : « toute activité devrait se faire dans un état de méditation, c’est-à-dire accompagnée de profonde concentration. » (p. 154) C’est tout un défi de s’y exercer! Le programme monastique zen est intense, rigoureux, exigeant. Philosophie qui semble profiter pleinement aux arts également : peinture, calligraphie, arts martiaux, jardins et autres…
Enfin, les pratiquants du bouddhisme tantrique « aspirent à réaliser rapidement l’Illumination, en une seule vie, grâce à des méthodes puissantes sous la direction d’un adepte accompli, ou saint (siddha). » (p. 162)
Les textes sacrés. Ils ont d’abord été traduits de la tradition orale, puis en plusieurs langues. L’art du livre prédomine certainement, ici, sur celui de la fidélité! Un art dont le cuir s’absente, par respect pour la vie animale.
L’histoire du bouddhisme – la Voie du Milieu – n’est pas exempte d’extrémismes; et plus je m’intéresse aux philosophies religieuses, plus je leur découvre de multiples lacunes « humaines ». Le chemin de l’intériorité sincère, à mon humble avis, ne requiert aucune codification.
Le bouddhisme aujourd’hui. Le dalaï-lama se fait aujourd’hui le champion de l’unité des religions. Le bouddhisme accepte de s’ouvrir et de se remettre en question; ce qu’il a fait en Occident dès sa rencontre avec… le féminisme. C’est d’ailleurs en Occident que la méditation connaît aujourd’hui un engouement sans précédent!
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