antiterre, un « utopium» hallucinant, hénaurme de portée beaulieusienne, la conclusion aux travaux d'Hercule tels que VLB les annonçait lui-même en 1973, il y a aujourd'hui tout près de quarante ans.
Avec son roman antiterre, VLB met fin à « La vraie saga des Beauchemin » commencée avec Monsieur Melville et brillamment poursuivie avec des oeuvres aussi titanesques que James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots, que La grande tribu - C'est la faute à Papineau et Bibi, réédité en France par la maison Grasset.
Dans cette oeuvre hallucinante, nous apparaît Abel Beauchemin rendu au terme de cette longue traversée du désert québécois qui l'a porté des Trois-Pistoles jusqu'aux rives du Gabon et aux confins de l'Éthiopie, se demandant s'il reste un rêve possible, s'il existe un avenir faiseur de grandes réalités.
De retour chez lui dans sa grande maison dévastée, Abel navigue sur la mer Océane de ses désirs, entre utopie et opium, obsédé par cette nuit qu'il a passée à Libreville avec Calixthe Béyala.
Dans antiterre, Abel se dépouille de sa vieille peau, renaît au monde et trouve enfin l'au-delà de la Terre Promise, là où ça peut se dire, se chanter et se danser dans la joyeuseté, au centre même de la liberté toute nue.
Rien de moins qu'un autre grand roman/moment de VLB, celui du retournement, le Québec enfin réendiablable autrement.