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Louise Turgeon Chronique auteurs québécois Littérature et poésie
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Mercredi le 23 mars, 2005
Les Intellectuels pour la souveraineté (IPSO)
À sa fondation en 1995, le regroupement des Intellectuels pour la souveraineté (IPSO) se donnait pour mission, entre autres, de stimuler le débat public et de favoriser le dialogue sur la question nationale.
Il se trouve que nous sommes précisément à un moment où il faut repenser les moyens de réaliser la souveraineté du Québec, tout comme il importe de se demander comment rendre ce projet inclusif et enrichissant pour tous.
Par ailleurs, si l’état actuel du monde présente de nouveaux défis que le projet souverainiste doit relever, il offre aussi de nouvelles raisons de réaliser ce projet.
Plusieurs auteurs de disciplines différentes (sociologie, anthropologie, philosophie, science politique) ont participé à cet ouvrage collectif, sous la direction de Jocelyne Couture.
Ils ont eu carte blanche pour exposer leurs idées qui ont été regroupées autour de trois axes : « Redonner sens à l’indépendance », pour en retrouver les raisons et la pertinence, « Mettre un pays au monde », qui met en évidence le rôle que pourrait jouer un Québec souverain dans l’ordre international, et « Marcher vers l’indépendance», qui traite des conditions empiriques de l’accession à la souveraineté du Québec.
Vous lirez donc :
- « La souveraineté au nom de la mémoire », de Jacques Beauchemin (sociologue), qui défend l’idée que le recours à l’histoire et à la mémoire est toujours nécessaire à la constitution d’une communauté politique, afin de conjuguer la mémoire de la communauté canadienne-française à la volonté de faire du Québec « le pays de tous les Québécois » ;
- « Repenser la Révolution tranquille et refonder l’indépendance », où Gilles Labelle (philosophe) explique que la Révolution tranquille et ses grands mouvements sociaux seraient à la fois la source du mouvement souverainiste et les causes de son « épuisement » actuel ;
- « L’urgence de réfléchir », où Serge Cantin (philosophe) constate la dilution progressive de la notion même d’indépendance et de l’idéal d’émancipation nationale et politique qu’elle signifie, et en rend responsable, en grande partie, le Parti Québécois ;
- Pierre Gendron (sociologue), avec « La leçon du Norvégien Fridtjof Nansen », qui prend l’exemple de l’accession de la Norvège à la souveraineté en 1905 pour montrer le rôle crucial que peut jouer la diplomatie lorsque la représentation internationale des peuples est mise en péril ;
- « L’indépendance du Québec : un projet pour un monde meilleur », où Kai Nielsen (philosophe) affirme qu’un Québec souverain continuerait de progresser vers un modèle de société socialiste à l’image de ce qu’on trouve dans les pays scandinaves, et deviendrait un acteur important dans la réalisation d’un monde plus juste ;
- Michel Venne (politologue et journaliste), qui démontre, dans son texte « La souveraineté, une idée forte à l’heure de la mondialisation », que la mondialisation, loin d’avoir tué l’idée de souveraineté, lui a au contraire redonné vie. Par ailleurs, il propose que le Parti Québécois, sitôt élu, adopte une politique souveraine en s’appuyant sur la force des mouvements sociaux et de la société civile ;
- « Souveraineté et diversité : pour un nouveau modèle de reconnaissance », de Micheline Labelle (anthropologue) et Azzeddine Marhraoui (sociologue), qui constatent qu’il faut amorcer un nouveau cycle dans les rapports entre souveraineté et diversité et qu’il importe de concilier, dans un projet intégrateur, la justice sociale et le traitement des minorités culturelles ;
- « Les déterminants structurels d’un cul-de-sac stratégique », où Pierre Serré (politologue) dénonce le mode de scrutin majoritaire, qui travaille à l’affaiblissement politique des francophones et barre la route à tout changement politique que désapprouverait le Canada anglais, et où il plaide pour un scrutin proportionnel ;
- « La politique de la complexité identitaire », de Michel Seymour (philosophe), qui reprend à son compte l’expression “pas nécessairement la souveraineté mais la souveraineté si nécessaire”, estime qu’il serait absurde de vouloir encore réformer le fédéralisme canadien, mais qu’il ne faut pas non plus renier la tradition souverainiste de croire que le Canada pouvait reconnaître au Québec une plus grande autonomie au sein de la fédération canadienne.
REDONNER SENS À L'INDÉPENDANCE
Les Intellectuels pour la souveraineté (IPSO)
VLB ÉDITEUR
Collection Partis pris actuels
2005 - 208 pages - 22,95$
VLB ÉDITEUR
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