Nul ne peut douter de l'importance du comte de Frontenac dans la survie de la Nouvelle-France à la fin du XVIIe siècle.
Tout comme Pierre Le Moyne d'Iberville, l'intendant Champigny ainsi que le gouverneur Callières, Frontenac fait partie des héros de notre histoire.
Nous n'avons qu'à penser à sa défense triomphale de la ville de Québec lors de l'assaut donné par l'amiral Phips.
« Non, monsieur !
Je n'ai point de réponse à faire à votre général
que par la bouche de mes canons
et à coups de fusils ! »
Le deuxième tome de Frontenac relate la suite et la fin de la lutte sans merci menée par les Canadiens et leurs alliés autochtones pour échapper aux menées anglo-iroquoises destinées à bouter la Nouvelle-France à la mer et à prendre le contrôle de son réseau commercial.
Pour forcer ses ennemis à accepter une paix générale, le comte de Frontenac n’hésitera pas à envahir par deux fois les territoires iroquois et, à plus de 76 ans, il aura l’audace de conduire lui-même, à l’autre bout du pays, une armée de 2500 hommes pour assiéger Onontagué, la capitale iroquoise.
Malgré l’âpreté de cette lutte, le gouverneur Frontenac tiendra résolument l’improbable pari de la paix en poursuivant auprès des Iroquois d'inlassables négociations, qui mèneront éventuellement à la Grande Paix de Montréal de 1701 : une alliance exceptionnelle entre 40 nations indiennes et la Nouvelle-France.
Ce récit met en lumière le côté opiniâtre et original d’un gouverneur qui, malgré les injonctions contraires de la cour, poussera les Canadiens à déborder leurs frontières pour rayonner sur un territoire grand comme un continent, et à tisser avec les autochtones un vaste réseau d'alliances politiques, commerciales et militaires.
Nous y découvrons aussi un homme haut en couleur par son côté excessif et fantasque, ses manies d’aristocrate et de courtisan lettré, son amour de la vie, du théâtre et des femmes, son tempérament passionné, son ambition et son orgueil démesurés, ainsi que par son souci constant de redorer son image auprès du roi.
Soutenu par un travail considérable de recherche pour reconstituer le décor de l'époque, ce roman permet de découvrir une période charnière de l'histoire du Québec.
L'AUTEURE : MICHELINE BAIL
Détentrice d'un baccalauréat en histoire de l'Université de Montréal, après la publication de L'Esclave (Libre expression, 1999), elle plonge à nouveau dans l'histoire de la Nouvelle-France.
FRONTENAC
2. L'EMBELLIE
Micheline Bail
LES ÉDITIONS HURTUBISE HMH
Collection Roman historique
2011 - 488 pages - 27,95$
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