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| Le choléra fait plus de 500 morts en Haïti |
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Mercredi le 10 novembre, 2010 |
Le bilan de l'épidémie de choléra qui ravage Haïti a atteint 544 morts et plus de 8.000 hospitalisations lundi
C'est ce qu'indiquent les données fournies par le ministère haïtien de la Santé publique.
Le passage de la tempête tropicale Tomas n'a pas amélioré la situation et les autorités craignent une augmentation des infections.
L'épidémie s'est développée dans le nord de l'île, qui a connu un afflux de réfugiés après le séisme du 12 janvier 2010 qui avait fait 300.000 morts. Des analyses de publics américains, rendues publiques récemment par les autorités haïtiennes, ont révélé que la bactérie responsable de l'épidémie était similaire à des souches trouvées en Asie.
MSF attaqué
La psychose du choléra semblait s'installer en Haïti où un centre de traitement de Médecins sans frontières a été attaqué. Du personnel de MSF a été attaqué mardi soir à coups de pierres par 300 manifestants dans la ville de Saint-Marc, à 100 km au nord de la capitale Port-au-Prince. Un médecin local, le Dr Yfto Maquette, a expliqué à l'AFP que le centre de MSF devait être installé à proximité de deux écoles et que les manifestants craignaient que l'afflux de patients ne propage l'épidémie. "La construction d'un centre d'une capacité de 400 lits allait être achevée quand un groupe de personnes ont manifesté violemment contre l'ouverture de l'établissement. Plusieurs tentes ont été brûlées", a indiqué MSF. Des casques bleus argentins de la Mission des Nations unies en Haïti (Minustah) ont dû intervenir. Le centre aurait dû permettre de désengorger l'hôpital St-Nicolas de Saint-Marc, où des dizaines de malades, enfants et personnes âgées attendaient d'être pris en charge.
Mais l'épidémie n'a pas atteint son "pic", a averti à Genève l'Organisation mondiale de la santé. "Je ne pense pas qu'elle est contenue", a déclaré le Dr Claire-Lise Chaignat, une responsable de l'OMS. Elle a expliqué que l'organisation recommandait aux autorités de se préparer au "pire scénario", soit la possibilité de voir la bactérie se développer à Port-au-Prince, où des centaines de milliers de personnes s'entassent dans des camps.
Plusieurs pays envoient du personnel médical, des médicaments et du support logistique pour enrayer ce terrible fléeau.
Le choléra est une maladie hautement contagieuse, qui peut tuer en quelques heures, dont la propagation est favorisée par les défaillances des réseaux sanitaires et l'absence d'hygiène et de soins.
Après une incubation de quelques jours, la maladie débute par de violentes diarrhées vidant littéralement l'organisme de son eau. En l'absence de réhydratation immédiate, cette déperdition de liquides est souvent mortelle.
Présentes en nombre dans le pays depuis le séisme du 12 janvier qui a fait plus de 250.000 morts et 1,5 million de déplacés, les ONG se mobilisent. Elles ont entrepris d'acheminer médecins, équipements médicaux et eau pure à Saint-Marc, dans le département de l'Artibonite qui semble être le point de départ de l'épidémie. Cette région agricole au centre de Haïti est considérée comme le grenier du pays. Des dizaines de milliers de rescapés y ont trouvé refuge après le tremblement de terre.
Au moins cinq pays latino-américains ont pris des mesures de prévention destinées à éviter que l'épidémie de choléra détectée en Haïti ne s'étende sur le continent, où cette maladie a fait plus de 10.000 morts après son apparition en 1991 au Pérou, ont anoncé les autorités sanitaires.
En République dominicaine, au Pérou, en Colombie, au Venezuela ou en Equateur des alertes épidémiologiques ont été lancées depuis mardi en particulier à destination des postes frontaliers, des ports et des aéroports afin de renforcer la surveillance des voyageurs et les mesures sanitaires. |
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