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| La nuit des femmes à Bogota |
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Samedi le 10 mars, 2001 |
La ville de Bogota a appartenu aux femmes pendant toute la nuit de vendredi à samedi. On avait déclaré un couvre-feu complet pour les hommes.
La "nuit des femmes", a plongé la capitale de la Colombie dans un gigantesque chaos dès son application à 19H00 vendredi à la suite d'embouteillages monstres.
Plus d'un demi-million de femmes se dirigeaient vers le centre de la capitale, la plupart en voiture, alors que leurs maris ou compagnons se dépêchaient par les mêmes moyens de rentrer au foyer avant l'heure fatidique.
Cette première à Bogota, et dans le monde semble-t-il, est due à l'initiative du maire Antanas Mockus, décidé à faire prendre conscience aux hommes des conséquences de la violence, domestique et urbaine.
La cité souffre d'un profond climat d'insécurité, avec un bilan dans les cinq dernières années de 21.284 victimes de mort violente, dont 18.496 hommes, et de 40% des femmes frappées par leur mari ou compagnon l'an dernier.
Jusqu'à 01H00 samedi, 1.500 femmes policiers, sans un seul homme de troupe ou gradé, ont assuré la sécurité dans cette ville de près de 7 millions d'habitants, située à 2.600 m d'altitude.
Un concert de rumba, la danse nationale, a débuté aussitôt sur la place Simon Bolivar, au centre de la capitale. Aucun homme n'était visible dans une foule de milliers de femmes. "C'est mieux comme ça", s'est exclamée une jeune fille, dans un déhanchement endiablé au milieu de cris assourdissants.
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