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Loyer impayé!
Pas de ravitaillement pour Mir
 

Lundi le 12 juillet, 1999


Le Kazakhstan a maintenu hier son interdiction de tir à partir de la base de Baïkonour, clouant au sol le cargo de ravitaillement qui devait partir mercredi vers Mir, au risque de contraindre l'équipage à un retour anticipé sur terre.

Le gouvernement kazakh n'est pas revenu sur sa décision, malgré la tentative de médiation d'une délégation russe de haut niveau dimanche à Astana, indique l'agence Interfax.

Le Kazakhstan a interdit à la Russie l'utilisation de Baïkonour jusqu'à la fin d'une enquête en cours sur
l'explosion au décollage lundi dernier d'une fusée Proton emportant un satellite militaire.

Le cargo "Progress" doit apporter notamment des vivres et de l'eau sur Mir, où vivent actuellement deux cosmonautes russes et le Français Jean-Pierre Haigneré.

Si le Progress ne décollait pas avant fin juillet, les cosmonautes pourraient être contraints de revenir sur terre avant la fin de leur mission, prévue vers le 24 août.

Une délégation menée par le directeur de l'Agence spatiale russe (RKA) Iouri Koptev, a rencontré hier le Premier ministre kazakh Nourlan Balguimbaïev, sans parvenir à infléchir sa position.

M. Balguimbaïev a exprimé son amertume envers la position russe après l'accident du lanceur Proton. Le Kazakhstan, a-t-il rappelé, s'inquiète des retombées écologiques de cette
explosion, après les retombées de plusieurs tonnes d'un combustible très toxique sur le territoire kazakh.

"Malheureusement nous n'observons pas une préoccupation semblable du côté russe", s'est-il plaint, affirmant que Moscou avait envoyé une équipe d'experts sur les lieux de l'accident "très tard et après plusieurs demandes du Kazakhstan".

Le patron de la RKA Iouri Koptev a admis le danger, mais il a expliqué au Premier ministre que le carburant utilisé pour tirer le Progress était composé de kérosène et d'oxygène, nettement moins dangereux que l'heptyl qui propulsait la fusée Proton.

M. Balguimbaïev ne s'est pas laissé convaincre: "Il faut constater que nous ne sommes pas en accord total sur la question de l'utilisation du cosmodrome de Baïkonour", a-t-il déclaré, accusant en outre la Russie de n'avoir pas payé son loyer pour le cosmodrome pour l'année en cours.

Baïkonour, situé dans les steppes kazakhes, était la plus importante base de lancement de l'Union soviétique. Sa location a été négociée par les Russes à 150 millions de dollars par an après l'effondrement de l'URSS. C'est actuellement le seul pas de tir d'où peuvent être lancées des fusées vers la station Mir.

C'est également de là que la Russie doit effectuer plusieurs lancements vers la future station spatiale internationale, dont le tir du premier équipage au début de l'année prochaine.

Les Russes accusent le Kazakhstan de tirer prétexte de l'accident du Proton dans le seul but d'obtenir un maximum de compensations financières.

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