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Libertad!
 

Mercredi le 13 octobre, 2010


Le premier des 33 travailleurs de la mine de San José, au Chili, emprisonnés sous terre depuis 68 jours a été libéré hier soir.

Le président chilien, Sebastian Pinera, était sur place pour assister au sauvetage, avec son épouse Cecilia Morel.

Le président bolivien, Evo Morales, est aussi attendu sur le si te. L'un de ses compatriotes, Carlos Mamani, fait partie des 33 mineurs et, lui aussi, a été libéré. A neuf heures ce matin, douze mineurs étaient déjà remontés à la surface. L'évacuation se fait à un rythme d'environ un à l'heure.

Florencio Avalos, 31 ans, a été désigné pour être le premier des 33 mineurs à remonter à l'air libre. Il est le second dans la hiérarchie du groupe.

Il a été suivi de Mario Sepulveda, 39 ans. Ces trois mineurs font partie d'un premier groupe de quatre à cinq travailleurs jugés « plus adroits ».

Une dizaine de mineurs jugés plus faibles physiquement ou psychologiquement suivront, avec les plus forts en dernier, capables de supporter une attente prolongée.

La remontée des mineurs prendra environ 48 heures, selon des estimations d'environ une heure par personne. On compte environ 1700 journalistes sur place, provenant de 39 pays.

Pendant plus de deux mois, les 33 mineurs âgés de 19 à 63 ans ont combattu la chaleur, l'humidité, faim, l'anxiété et la maladie.

Le premier signe de vie des mineurs est arrivé le 22 août, 17 jours après l'éboulement du 5 août qui les a bloqués à quelque 700 mètres sous terre. Les mineurs avaient attaché leur message à une sonde, qui a été hissée jusqu'à la surface.

Avant d'établir un contact avec la surface, les mineurs se sont nourris de rations de thon, de biscuits et de lait. Les secouristes ont ensuite commencé à leur envoyer de la soupe et des médicaments, puis de la viande et du riz, les forçant à maintenir une diète stricte pour permettre leur évacuation dans l'espace restreint de deux pieds de diamètre.

Les mineurs ont par la suite été capables de communiquer avec leurs proches par vidéoconférence.

Pour atténuer l'impact de leur retour à la surface, les 33 hommes ont installé des lumières et simulé le jour et la nuit. Des exercices leur ont été imposés pour maintenir la forme en vue de leur sortie. Au cours des dernières semaines, les mineurs ont aidé les secouristes en enlevant les débris qui tombaient dans le tunnel de la mine.

Les mineurs se sont occupés en suivant des parties de football en direct, en regardant des vidéos, en jouant aux cartes, aux dominos et aux dés.

Des lecteurs de musique, des bibles et des rosaires bénis par le pape leur avaient été envoyés. Au cours des dernières semaines, les psychologues ont autorisé qu'on leur envoie des éditions récentes de journaux nationaux. L'un des mineurs avait aussi reçu une caméra vidéo.

Leur retour sera spectaculaire alors qu'ils sont invités à assister à des matchs de foot en Espagne et en Grande-Bretagne, et à un séjour en Grèce. De plus un richissime entrepreneur leur fait cadeau de 10 000$ chacun.

Préparés physiquement et psychologiquement, les 33 mineurs sont prêts à sortir de terre. Le premier homme à descendre, Manuel Gonzales, a commencé sa descente à 22h. 19.

Vêtu d'une combinaison spéciale, casqué, ganté, les yeux protégés par des lunettes de soleil, chaque mineur prendra place dans une nacelle métallique de 52 cm de diamètre, haute de 4 mètres de haut et pesant 450 kg.

En contact ininterrompu avec les secouristes, grâce à un système blue tooth, ils porteront aussi une ceinture biométrique, habituellement utilisée par la Nasa et l'armée américaine, qui permettra d'évaluer en permanence leur rythme cardiaque, leur respiration, leur température.

La remontée proprement dite vers la lumière du jour devrait durer quinze minutes, mais avec la préparation de chacun des voyages, il faudra environ une heure par mineur, soit deux jours pour achever l'opération.

Depuis plusieurs semaines déjà, les mineurs ont été préparés physiquement et psychologiquement à cette remontée spectaculaire.

Chaque jour, ils font quotidiennement une heure de sport et à l'approche du jour J, des exercices physiques et cardio-vasculaires pour brûler les graisses et se préparer au stress. Un régime alimentaire spécial leur a été administré.

Les rescapés ont aussi été préparés au harcèlement médiatique qui accompagnera leur sortie.

Selon une enquête réalisée par le quotidien chilien La Tercera, auprès de 20 des 33 familles, c'est d'ailleurs ce que craignent le plus les proches des 33: la surexposition médiatique, à laquelle ils devront faire face dans les jours à venir. Vient ensuite une certaine inquiétude quant aux séquelles psychologiques et physiques que vont laisser ces deux mois sous terre.



 
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