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Rio, c'est parti!
 

Dimanche le 14 février, 1999



Rio de Janeiro! Le plus grand, le plus fou, le plus torride des carnavals au monde est parti!

Le carnaval, qui doit durer près d'une semaine, a été officiellement lancé vendredi en fin d'après-midi à Rio de Janeiro, par le maire, M. Luiz Paulo Conde, qui a remis les clefs de la ville au "Roi Momo" (roi du carnaval), un jeune carioca de 27 ans, sélectionné parmi plusieurs dizaines de prétendants pesant au minimum 200 kg.

Les nuits de dimanche et de lundi constitueront le temps fort de ce dernier carnaval du siècle, avec le défilé de quelque 70.000 danseurs et percussionnistes des 14 meilleures écoles de samba de Rio au Sambodrome, un vaste complexe de 100.000 places doté d'une esplanade de 900 mètres.

Près de deux millions de personnes, dont 150.000 touristes, à 30% étrangers, sont attendues dans les rues de Rio, derrière les sociétaires d'une soixantaine d'écoles de samba, qui, par dizaines de milliers, ont déjà commencé, comme dans tout le Brésil, à envahir les rues de la ville.


L'archevêque de Rio de Janeiro, le cardinal Eugenio de Araujo Sales, a appelé les Brésiliens à "éviter les risques du Carnaval", notamment la propagation du sida par une "sexualité effrénée", dans une lettre publiée hier par la presse brésilienne.
"Le carnaval est une occasion propice à une plus grande propagation de l'épidémie", écrit le Cardinal, qui demande aux Brésiliens de "bien refléchir sur le vrai sens de la fête et sur le risque qu'ils courent avec la contamination du virus HIV".

Mgr Eugenio de Araujo Sales dénonce également la campagne du "sexe sûr" menée actuellement par les autorités brésiliennes et préconisant l'utilisation de préservatifs. Cette campagne donne l'illusion d'une sécurité totale, alors que les préservatifs sont inefficaces dans 12 % des cas, estime-t-il, citant une enquête de l'Université de Médecine de Baltimore (Etats-Unis).

Le cardinal condamne également les "dérèglements moraux", "les relations hétérosexuelles ou homosexuelles nocives" et le "changement de comportement sexuel des individus, très fréquent pendant le carnaval, qui les amène à avoir, sous l'effet de la drogue ou de l'alcool, des relations sexuelles avec des inconnus".

Il appelle enfin à "réduire l'exhibition de la nudité et tout ce qui exacerbe les instincts".



 
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