Novembre 2002. J'ai 64 ans. Mon médecin de famille, le docteur Sylvie Tremblay m'annonce que les résultats de la biopsie confirment que j'ai un cancer de la prostate. "Je vais vous diriger vers un urologue qui va s'occuper de la guérison de votre cancer", m'explique-t-elle.
J'étais chanceux dans ma malchance. Étant suivi de près pour le diabète, et la haute pression, qui sont sous contrôle grâce à une médication bien choisie, je dois, à tous les trois mois, subir des analyses sanguins.
Or, ces analyses indiquent entre autres mon taux de PSA. (Prostatic Specific Antigen, en français Antigène Spécifique Prostatique) La norme est de 4. Si le résultat est supérieur, on a trois choix: adénome, cancer de la prostate ou infection urinaire et prostatite aiguë. J'ai donc été informé au tout début de mon cancer.
Premier élément positif, je vais donc attaquer le cancer avant qu'il ne se développe.
En décembre, l'urologue Chaouki Debs, m'examine, consulte mon dossier et me dit tout simplement. "Je formule pour vous une demande en radio-oncologie au CHUS à Sherbrooke, et je vous laisse dans les mains du Dr Rachel Bujold.
Après une rencontre avec cette dernière, nous optons pour une série de 35 traitements en radio-oncologie qui commencent la première semaine de mai. C'est une fois par jour, 5 jours/semaine, pendant 7 semaines.
Trop loin de Sherbrooke, on habitait Drummondville, je loge, pendant la semaine, à l'Hôtellerie de l'Estrie, un service offert par la Fondation québécoise du cancer.
Ce centre d'hébergement, pendant la durée des traitements, nous permet de passer cette période avec beaucoup plus de tranquillité.
Le personnel est affable, dévoué, et de bonne humeur tant à l'Hôtellerie que chez les technologues en oncologie. On y rencontre d'autres malades qui ont les mêmes problèmes, on échange, on partage, et s'encourage mutuellement. Il en coûte 20$ par jour pour une chambre semi-privée, les trois repas compris.
À la fin des traitements, on rentre à la maison et on attend quelques mois pour connaître les résultats de la thérapie.
Octobre 2003, un lundi matin, rendez-vous chez l'urologue. En entrant dans le bureau, je découvre son large sourire...
- Vous allez pouvoir fêter avec une bonne bouffe libanaise, monsieur Saint-Denis. Il est d'origine libanaise, et sait combien j'adore cette cuisine. Les traitements ont bien fonctionnés. Plus de trace de cancer! Bravo!
On se revoit dans 4 mois pour un contrôle.
OUF! Quel soulagement.
J'ai toujours eu confiance que je passerais aux travers. J'étais certain de le vaincre. Je savais qu'un cancer de la prostate, pris à temps, ça se soigne assez bien.
Il n'en demeure pas moins que le mot cancer prend une tout autre signification le jour où un médecin te dit:
- Tu as un cancer.
Merci à Gertrude, ma compagne des bons et des mauvais jours, merci à mes proches parents et amis. Quel support.
J'ai une prostate atrophiée. Ça ne paraît quasiment pas dans mes yeux! Je m'en foute. Très peu d'effets secondaires.
Et plus que jamais, en revenant de chez le médecin, je me suis mis à chanter un air de Jean Ferrat...
Que c'est beau, c'est beau la vie
Tout ce qui tremble et palpite
Tout ce qui lutte et se bat
Tout ce que j'ai cru trop vite
A jamais perdu pour moi
Pouvoir encore regarder
Pouvoir encore écouter
Et surtout pouvoir chanter
Que c'est beau, c'est beau la vie
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