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| Dolly vieillit trop vite |
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Vendredi le 28 mai, 1999 |
L'annonce de la vieillesse prématurée de la brebis clonée Dolly ferme probablement la porte à toute éventualité de reproduction d'êtres humains adultes par clonage, pulvérisant l'espoir, ou plutôt la crainte, de créer un jour un homme éternel, car reproductible à l'infini.
Voilà ce qu'affirme dans Nature, le chercheur Ian Wilmut, le "père" du premier animal cloné à partir d'une cellule d'animal adulte. En fait, Dolly n'a pas trois ans mais neuf!
Dolly est née en 1997.
A son âge effectif, il faut en effet ajouter celui de la brebis de six ans sur laquelle avait été prélevée la cellule qui a permis à Dolly de voir le jour.
Un examen de ses télomères (les deux extrémités des chromosomes) a montré qu'ils n'avaient pas la taille attendue d'un jeune animal mais celle d'une brebis trois fois plus âgée.
Ces télomères perdent un peu de leur longueur à chaque division cellulaire. Actuellement, les scientifiques considèrent qu'ils constituent une sorte d'"horloge biologique".
Conclusion: les gènes des animaux clonés, quel que soit le mode de clonage, intègrent l'âge de la brebis adulte à partir de laquelle ils ont été fabriqués.
Cette découverte va ralentir les envies de clonage d'êtres humains manifestées par certains chercheurs.
Techniquement, le clonage d'un homme serait possible, une, deux voire mille fois. Mais le nouveau-né ainsi créé aurait d'emblée l'âge physiologique du donneur de cellules.
Si les extrémités chromosomiques de Dolly continuent de se raccourcir, les chercheurs vont assister à un vieillissement précoce de l'animal.
Si au contraire elles ne subissent pas outre mesure les atteintes du temps et si la longévité de l'animal reste normale, c'est alors tout le rôle des télomères dans le vieillissement qui sera remis en question.
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