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Vivre en 1900...!
 

Mercredi le 30 décembre, 1998


À cause du fameux bogue de l'an 2000, certains ordinateurs, paraît-il, retourneront à l'an 1900. Ça nous fait une belle jambe!

Pour nous amuser un peu, nous avons fouillé dans les livres d'histoire pour voir ce que nous aurions lu sur Planète Québec en 1900.


La semaine de travail est de 60 heures, à raison de 10 heures par jour, six jours par semaine. Dans le secteur des services, la semaine est souvent de 72 heures.

Les enfants travaillent dans les usines de textiles, de chausses ou de cigares dès l'âge de 9 ans, garçons et filles.

Certains politiciens se battent pour l'abolition du travail des enfants et l'établissement de l'école obligatoire mais le clergé catholique s'y oppose farouchement. Et gagne! Les enfants seront encore exploités longtemps.

Les travailleurs sont tous exploités férocement mais, pour les femmes, c'est encore plus difficile alors que leur salaire dépasse rarement 50% de celui des hommes.

Bien entendu, il y a peu de protection, beaucoup d'accidents et les patrons battent souvent leurs employés qu'ils peuvent les congédier à volonté.

Il ne faut pas oublier que le Parlement du Canada-Uni a voté, en 1849, une loi pour interdire officiellement aux femmes le droit de voter. Il faudra attendre jusqu'en 1918 pour que les femmes du Québec puissent à nouveau exercer ce droit aux élections fédérales et en 1940 aux élections provinciales.

On trouve beaucoup de femmes dans l'enseignement. Les religieuses représentent environ 35% des effectifs du corps enseignant au niveau primaire. Elles sont exemptées des examens de contrôle alors que les enseignants laïques doivent se présenter devant les examinateurs. Notons que les femmes gagnent de deux à trois fois moins que les hommes dans l'enseignement.

Les femmes francophones peuvent fréquenter l'École normale (qu'en tout petit nombre) depuis une dizaine d'années alors que les femmes anglophones peuvent le faire depuis 43 ans.

Au début du siècle, on compte environ 10 000 religieuses dans 37 communautés et près de 500 établissements, soit environ 1% de nombre total de femmes au Québec. Ces femmes, même sous la tutelle de la hiéarchie et de l'aumonier apprenent à gérer de grandes institutions.

Du côté de la santé publique, les gouvernements n'écoutent pas les médecins et les hygiénistes qui demandent l'amélioration de l'état sanitaire de la population.

Il faudra encore attendre jusqu'en 1914 pour que les Montréalais soient alimentés avec de l'eau filtrée.

Le lait distribué à Montréal, au tournant du siècle est de très mauvaise qualité et souvent impropre à la consommation. Il faut attendre 1926 pour qu'un loi rendre la pasteurisation obligatoire.

Les maladies contagieuses tuent des milliers de personnes chaque année.

Du côté de l'éducation supérieure, en 1901, l'Université Laval et sa succursale de Montréal ne comptent que 153 professeurs et 1175 étudiants contre 254 professeurs et 1208 étudiants du côté des anglophones.
Et sur ce total d'étudiants, 406 francophones étudient la théologie contre 7 anglophones; 39 francophones étudient les sciences appliquées contre 340 anglophones.

Un des grands problèmes de l'enseignement est celui de la formation des maîtres. La majorité des enseignants apprennent leur métier sur le tas et l'élite reçoit une formation d'un an dans les écoles normales. Par contre, les religieux n'ont pas à subir d'examen ni à détenir de diplôme. L'habit en tien lieu.

La population de l'île de Montréal, en 1901, est de 346 061 et de 68 840 pour Québec et sa banlieue. Sherbrooke compte 11 765 habitants; Trois-Rivières 9981; Hull 13 993.

Nous n'avons pas les chiffres pour 1900, mais en 1906, on comptait 167 voitures immatriculées au Québec et 1176 en Ontario.

Et dans les rencontres familiales, on s'informe toujours des parents qui ont émigré aux États-Unis. Chaque année, depuis 1840 (et ça va continuer jusqu'en 1930) des dizaines de milliers de personnes quittent le Québec pour aller travailler et vivre là-bas.

En effet, du côté de la population, on peu dire qu'il y a presque autant de Canadiens-français hors du Québec qu'au Québec. Au total, 900 000 Québécois quitteront la province entre 1840 et 1930. Entre 1870 et 1900, le Québec aura perdu 10% de sa population.

En 1900, la canadienne-française a, en moyenne, entre 7 et 8 enfants. Pour atteindre une telle moyenne, il faut donc des familles de 15 ou 20 enfants.

Les nationalistes se plaignaient du peu d'immigrants d'origine belge ou française alors que 95% des immigrants provenaient de Grande-Bretagne. Un façon d'équilibrer la forte croissance démographique des francophones.

Ces informations sont tirées de Histoire du Québec Contemporain (Linteau - Durocher - Robert) Boréal Express 1979





 
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