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J'ai peur!
 

Vendredi le 03 septembre, 2004



Au centre, l'ouragan qui longe Cuba sans lui toucher en fonçant sur la Floride. Il est immense! Au centre, les vents tournent à plus de 220kl/h. L'oeil de la tempête a ravagé la petite île de San Salvador, dans l'archipel des Bahamas, et cet après-midi, Frances devrait s'abattre sur Nassau et Freeport. Pendant ce temps, 2,5 millions de Floridiens fuient vers le nord et l'intérieur des terres!


La Floride se prépare à encaisser, dans quelques heures, le choc terrible de l'ouragan Frances, un monstre propulsé par des vents de plus de 200 km/h.

Notre collaboratrice en Floride, Yvonne Courage, et sa famille, se barricadaient, hier soir, après avoir fait des provisions d'essence, d'eau, de piles, de chandelles et de nourriture pour tenir plusieurs jours sans électricité.

"J'ai peur, disait Yvonne, la couleur du ciel, la densité de l'air, tout ça me rappelle les cinq autres ouragans que j'ai vécu auparavant, dont le sinistre Hugo, qui avait ravagé la Guadeloupe, où j'habitais, à l'époque.

"Nous avons tout perdu, dans la tempête. Maison, autos... Tout. J'ai vu une voiture qui était sur notre terrain virevolter comme sur feuille sur des centaines de mètres. Elle volait! Terrifiant. Des arbres en entier, déracinés, tombaient du ciel, et s'écrasaient sur les maisons. Nous étions réfugiés dans la toilette, et le vacarme était tel que, pendant des heures et des heures, il fallait se crier dans l'oreille pour se faire entendre. Et de l'eau, des tonnes d'eau, toujours de l'eau qui s'abat avec une extrême violence.

"Au village de Sainte-Anne, où nous habitions, nous avons été privé d'eau courante et d'électricité pendant trois mois. Tout était démoli. Même chose à Saint-François.

"Ici, à Hollywood, les propriétaires de maisons se barricadent. Il faut placarder toutes les fenêtres avec du contreplaqué, et ne rien laisser sur le terrain car chaque chaise de jardin peut se transformer en dangereux projectile."

Quelques rues plus loin, à Hallandale, Micheline Courville, une grande amie de Planète Québec, dans son condo, attends le choc avec fatalisme.

"C'est mon troisième ouragan et je suis nerveuse. Dans quelques heures, on va fermer les rideaux de métal devant les fenêtres, et j'ai des vivres pour tenir une bonne semaine sans électricité. J'ai vécu une telle expérience, avec l'ouragan Irene, et je sais combien la nature est puissante et dévastatrice. Le motel que je gérais alors, le Driftwood, avait totalement été dévasté par des lames de 15 pieds de hauteur. J'étais seule dans l'établissement, impossible de sortir tant les vagues étaient hautes et terrifiantes. Et le bruit. Le vent qui hurle. Les fenêtres qui brisent. Les rideaux qui se déchirent. L'eau, partout. Un ouragan, on n'oublie jamais cela".






 
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